C'était mardi soir, au Collège Rosa-Parks à Châteauroux. J'ai eu l'honneur de présider la traditionnelle cérémonie de remise des attestations des clubs Coup de
Pouce Clé de la Ville de Châteauroux, qui s'est déroulée dans une atmosphère chaleureuse, avec l'ensemble des partenaires de cette action.
Ces clubs, lancés le 24 novembre dernier, en compagnie du Préfet de l'Indre, étaient au nombre de onze cette année, mobilisant neuf écoles de Châteauroux : Michelet, Buffon,
Frontenac, Jean-Moulin, Jean-Zay, Montaigne, Jean-Racine, Jules-Ferry et Victor-Hugo. Tout au long de l'année, cinq élèves de CP ont bénéficié dans tous les clubs, d'un accompagnement
spécifique après l'école, pour favoriser la réussite en matière d'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Au total, 55 enfants auront bénéficié de la dynamique des clubs.
C'est pourquoi, comme je l'ai indiqué dans mon intervention, ces clubs Coup de Pouce Clé doivent être encouragés, développés et défendus si cela est nécessaire pour que les enfants
puissent continuer à bénéficier de cette chance supplémentaire pour réussir.
Avec Nadia Gluckstein de l'Association Pour Favoriser une Ecole Efficace (Apfee) et Noël Ravat, représentant l'Education Nationale, nous avons pu constater par la
présence importante des familles, tout l'intérêt porté à cette belle action. Merci encore aux enfants pour leurs efforts, aux parents pour leur implication, aux animateurs et aux
professeurs pour leurs interventions et à l'équipe du Dispositif de Réussite Educative (DRE) qui mène un travail remarquable à Châteauroux.
Enfin, bravo aux enfants des clubs de l'école Michelet qui se sont particulièrement impliqués cette année et ont produit une belle histoire présentée lors de cette cérémonie.
Retrouvez le compte-rendu de La Nouvelle
République.
Depuis hier
et jusqu'à lundi prochain, près de 200 commerçants et artisans vous donnent rendez-vous sur le site de Belle-Isle, pour la 88ème édition de la Foire-Exposition de Châteauroux. De nombreuses
animations sont prévues tout au long de la manifestation, notamment autour de la magie, fil conducteur cette année de la Foire-Expo. Enfin, à noter la venue de l'animateur de M6,
Stéphane Plaza samedi qui échangera avec un public, j'en suis sûr, nombreux autour d'un thème qui ne lui est pas inconnu : l'immobilier.
Si j'ai déjà évoqué quelques réserves,
dès l'élection du nouveau Chef de l'Etat, la journée d'hier, marquée par l'entrée en fonction de François Hollande, nous en apporte de nouvelles.
En premier lieu, les hommages rendus par le nouveau Chef de l'Etat : Jules Ferry et Marie Curie. Si je peux concevoir, qu'ayant fait de l'éducation et de la jeunesse le grand
chantier de son mandat, François Hollande rende hommage au bâtisseur de l'Ecole de la République, je ne comprends pas qu'il ait fait ce choix dans la mesure où les arguments évoqués par
Jules Ferry pour soutenir la colonisation à la fin du XIXème siècle sont scandaleux : le 28 juillet 1885, Jules Ferry avait expliqué au Parlement, que "Les races supérieures ont le devoir de
civiliser les races inférieures". A l'image de Georges Clemenceau, beaucoup à l'époque avaient été choqués par ces paroles. Peut-être que d'autres personnages de l'Histoire de France ayant
marqué l'éducation, auraient mérité d'être mis en avant, lors de cette journée, sans devoir faire le choix d'un personnage controversé. Concernant Marie Curie, s'il est
possible de comprendre et de soutenir le souhait du Chef de l'Etat de travailler en faveur de la recherche, élément clé pour l'avenir de la France, et si Marie Curie est un
personnage important qui a marqué de son empreinte la science, je ne suis pas convaincu qu'il ait fallu à ce moment de la présidence, lui rendre hommage. Là encore, en ce début de mandat,
peut-être que d'autres personnages de l'Histoire de France auraient davantage mérité d'être mis en lumière.
En second lieu, et c'est à mes yeux le plus important, François Hollande a nommé comme Premier Ministre,
Jean-Marc Ayrault. Ce choix est contestable, dans la mesure où durant la campagne, le candidat François Hollande avait défini des critères précis sur son entourage, s'il était
élu Président. Il a déclaré au Journal du Dimanche, le 14 avril dernier : "Je n'aurai pas autour de moi à l'Elysée des personnes jugées et
condamnées." Le problème est que Jean-Marc Ayrault a été jugé et condamné à 6 mois de prison avec sursis et 4500 euros d'amende dans une affaire de favoritisme, pour avoir
confié, sans appel d'offres, la confection d'un bulletin local à quelques-uns de ses amis. Yves Thréard, editorialiste au Figaro, expliquait, il y a quelques jours
sur son blog que si François Hollande
"déroge d'entrée de jeu à ses principes, à la morale [...] au sommet de l'Etat, il risque de se déjuger devant les Français, de décevoir ses soutiens les plus déterminés et de
traîner longtemps cette histoire. Ce pourrait être son Fouquet's à lui." Il est indiscutable, qu'avec cette nomination, on assiste au premier reniement du nouveau Chef de
l'Etat. Personne n'avait forcé le candidat Hollande à prononcer ces mots, il y a tout juste un mois. A peine entré en fonction, on s'éloigne déjà de la République irréprochable.
Cela promet pour l'avenir !
Enfin, il serait bon de signaler au nouveau Président qu'au sein d'une présidence "normale", les parapluies ont droit de cité. La vision d'un
Président trempé, jointe à celle de l'avion présidentiel frappé en plein ciel par la foudre, au moment où le Chef de l'Etat se rend à Berlin pour prendre la
mesure de la solidité du couple franco-allemand, peut faire sourire. Espérons simplement qu'elle ne sera pas à l'image du quinquennat qui s'ouvre.
C'est parti pour la septième édition du Festval de la Voix de Châteauroux qui se déroule jusqu'à dimanche. Retrouvez tout le programme de ce magnifique rendez-vous, avec les
Concert'In et Off (et particulièrement l'ensemble norvégien Det Norske Solistkor, dirigé par Grete Pedersen, qui se produira samedi soir à 21h00 à Equinoxe), sur le site du Festival
de la Voix : http://festivaldelavoix-chateauroux.fr/.
Le 9 mai est traditionnellement la journée de l'Europe. Mais, quand on voit l'état de l'Union Européenne aujourd'hui, on peut se
demander, s'il y a des motifs pour se réjouir ? Dimanche dernier avait lieu un scrutin majeur en France, avec le second tour de l'élection présidentielle. Mais, une autre
élection se déroulait au sein de l'Union Européenne, et dont il est fort probable que les retombées soient déterminantes pour l'avenir de la construction européenne.
En Grèce, le peuple grec avait enfin la parole et se prononçait lors des élections législatives. Le résultat est sans appel, pour les deux partis qui étaient
au pouvoir : les conservateurs de la Nouvelle Démocratie arrivent en tête avec 18,9% et 108 sièges, mais en perdant 15 points par rapport aux dernières législatives de
2009 et les socialistes du PASOK ne recueillent que 13,2% des voix et 41 sièges, en perdant 31 points par rapport à 2009 ! Ces derniers sont d'ailleurs devancés par la gauche
radicale Syriza, hostile aux mesures d'austérité, qui remporte 16,8% des suffrages et 52 députés. S'il s'agit d'un referendum pour ou contre l'euro, comme plusieurs partis l'avaient signalé,
alors, ceux qui y sont hostiles ont clairement remporté ces élections puisque les partisans de l'austérité, pour que la Grèce demeure dans la zone euro, ne représentent plus que
32% des suffrages exprimés (la Nouvelle Démocratie et le PASOK), et n'ont plus la majorité au parlement.
La Grèce va-t-elle quitter la zone euro ? C'est aujourd'hui probable. Et la France n'est certainement pas prête de revoir les milliards versés ces derniers mois à
Athènes. Peut-être même suivra-t-elle la Grèce sur le chemin de la sortie de l'euro. Regardez l'avis de Nicolas Doze, éditorialiste sur BFM-Business, qui n'est pourtant pas un proche de
Nicolas Dupont-Aignan :
Nicolas Doze :
la Grèce va quitter la zone euro ! 07 mai 2012.
L'Union Européenne va mal et ses perspectives d'avenir sont loin d'être roses. Les prochaines semaines seront déterminantes.
Les Français ont donc décidé de porter à la tête du pays, le candidat du Parti Socialiste, François Hollande. Cette élection, annoncée depuis six mois, n'est pas un
triomphe. En obtenant 48,64% des votants et 51,63% des suffrages exprimés, François Hollande est le candidat le moins bien élu de l'histoire de la Vème République pour ce qui est des votants
et il se classe avant-dernier pour ce qui est des suffrages exprimés, Valéry Giscard d'Estaing ayant obtenu 50,81% en 1974. On reste donc bien loin des scores évoqués par les instituts de sondage
ces dernières semaines. Mais une victoire, qu'elle soit serrée ou plus large, reste une victoire. Félicitations donc au futur Chef de l'Etat. Et pour la France, je lui souhaite de réussir.
Malheureusement, je doute beaucoup que François Hollande puisse contribuer à sortir la France de l'impasse dans laquelle elle se trouve. J'ai déjà émis un certain nombre de réserves
en expliquant pourquoi je ne pouvais voter pour le candidat du PS au
second tour de l'élection présidentielle. Depuis hier soir, deux autres éléments contribuent à ne pas me redonner confiance sur l'avenir.
En premier lieu, dans le discours prononcé par François Hollande à Tulle, hier soir, le nouveau Chef de l'Etat a demandé à "être jugé sur deux engagements majeurs : la justice et
la jeunesse", ajoutant : "Et quand au terme de mon mandat, je regarderai, à mon tour, ce que j'aurais fait pour mon pays, je ne me poserai que ces seules questions : est-ce que j'ai
fait progresser la cause de l'égalité ? Et est-ce que j'ai permis à la nouvelle génération de prendre toute sa place au sein de la République ?" Si ses deux engagements forts
de François Hollande, la justice et la jeunesse, sont importants et particulièrement aujourd'hui, je trouve que souhaiter être jugé sur ces seuls critères est extrêmement limitatif. Cela
pose même la question de la réelle volonté (et de la capacité) du nouveau Président de la République de pouvoir agir dans les autres domaines. Compte-tenu de la situation économique et
sociale de la France, ces propos ne sont pas rassurants.
En second lieu, j'ai été très étonné voire choqué, par le spectacle donné dimanche soir à la Bastille. Que les Français qui se réclament de la gauche
et qui ont porté François Hollande à la tête de l'Etat souhaitent faire la fête, c'est bien légitime. Mais ce qui m'a choqué, ce sont les images de cette soirée. Où étaient les drapeaux de
la France ? J'ai vu s'agiter des drapeaux d'autres pays, dont l'Algérie, la Tunisie, la Syrie (!)... mais pas beaucoup de drapeaux tricolores. J'ai trouvé cela assez
désagréable au moment où une majorité célébrait la victoire du nouveau Président de la France. Voilà, à la fois un fait qui ne manquera pas d'agiter les extrémistes, et qui en
même temps, pose question sur l'avenir et sur la volonté de François Hollande de renforcer la cohésion nationale au dépend du communautarisme.
Le septième Président de la Vème République prendra ses fonctions dans une semaine. Nous verrons comment il s'entoure et quelles seront ses premières mesures. Tout cela,
parallèlement à un autre débat : celui des élections législatives qui se dérouleront dans tout juste un mois.
Photo 1 : Centre-France.
Suite aux résultats du premier tour, certains n'en ont peut-être pas particulièrement envie, mais voter est un droit et surtout un devoir. Et c'est aujourd'hui que chaque citoyen peut s'exprimer librement sur l'avenir de la France.
Un seul mot :
Votez !
Le candidat que j'ai encouragé, soutenu et dont j'ai défendu les orientations au 1er tour de l'élection présidentielle, Nicolas
Dupont-Aignan, n'étant pas qualifié pour le second tour, il me revient, comme à des millions de Français, de devoir faire un autre choix pour dimanche prochain.
J'ai depuis plusieurs semaines, écarté
l'idée de voter pour François Hollande. J'ai trouvé sa campagne habile, mais profondément décevante. Il a su gérer son avantage dans les sondages et capter l'antisarkozysme ambiant.
Mais sur des questions de fond, comme la lutte contre les déficits ou la réduction de la dette, je n'ai entendu aucune réponse crédible. Et son expérience à la tête de la
Corrèze, un des départements les plus endettés de France a tendance à démontrer certaines de ses limites dans ce domaine. Par ailleurs, je suis en désaccord avec lui sur plusieurs
sujets, comme la fermeture de centrales nucléaires, le vote des étrangers aux élections locales ou le mariage homosexuel. Sur ce dernier point, je précise que je ne suis pas contre une union
des couples homosexuels, mais cela ne peut s'appeler "mariage", un mariage étant l'union d'un homme et d'une femme. Enfin, qui a pu oublier les expériences socialistes à la
tête du pays ? Des années
Mitterrand où la dette a commencé à se creuser, où le chômage a augmenté de façon dramatique, au Gouvernement de Lionel Jospin qui plutôt que de réduire les déficits en période
de croissance, a préféré imposer les 35 heures qui font encore aujourd'hui tant de dégâts dans de nombreux secteurs comme la santé. Pour toutes ces raisons, je ne peux
voter en faveur du candidat du PS, François Hollande.
Beaucoup m'ont encouragé par de nombreux échanges à faire un choix de raison. J'ai
longuement hésité. Depuis que je suis en âge de voter, que ce soit en 1995 et en 2002 avec Jacques Chirac ou en 2007, avec Nicolas Sarkozy, je me suis toujours exprimé au second tour de
l'élection présidentielle. J'ai déjà expliqué sur ce blog, tout le bien que je pensais du candidat Nicolas Sarkozy et de son action : que ce soit sur son esprit de rassemblement, sur
sa pratique démocratique, sur
ce qu'il entend par "mérite", sur l'éducation, sur l'OTAN, sur la réforme des institutions ou sur l'Europe. Il m'est donc
inutile aujourd'hui, d'évoquer plus longuement le bilan du Chef de l'Etat sortant qui m'a conduit d'ailleurs à quitter l'UMP, il y a quatre ans. Alors évidemment, il y a un programme. Des idées parfois intéressantes,
mais aussi d'autres que je considère comme néfastes, sa politique éducative par exemple. Enseignant, je ne peux céder aux interêts particuliers lors de cette élection. Car
il s'agit bien de faire dimanche, un choix d'intérêt général, de prendre une décision pour l'intéret supérieur de la France. Dans cet esprit, dimanche, je ne voterai
pas pour Nicolas Sarkozy.
Comme je l'ai lu, pour avoir une "France Forte" et pour que "Ca change maintenant", il faut avant tout avoir une "France Libre". Dans les circonstances
actuelles, ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy ne sont en mesure de redresser la France. C'est pourquoi, pour la première fois, au second tour d'une élection
présidentielle, et sauf événement qui pourrait me faire changer d'avis demain, je voterai blanc dimanche prochain. J'aurais vraiment souhaité être en mesure de m'exprimer pour ce choix
crucial pour mon pays. Malheureusement, les conditions ne sont pas réunies et je suis persuadé que le nombre de votes blancs ou nuls sera important au soir du second tour. C'est une décision
difficile mais qui, j'en suis sûr, sera partagée par de nombreux humanistes et gaullistes. Quoi qu'il se passe dimanche, la France sera toujours lundi matin, dans une situation
économique dramatique avec des perspectives fort peu encourageantes. Et ce qui restera comme le plus triste : cet événement majeur qu'est le scrutin présidentiel n'aura apporté
aucune grande espérance aux Français et surtout aucune confiance dans l'avenir.
Ce fut le débat le plus passionné de l'Histoire
de la Vème République. Et si cette campagne a été bien peu enthousiasmante, il s'agissait bien d'un débat attendu par beaucoup, un véritable duel entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.
Ce dernier n'avait pas le choix, il devait attaquer son adversaire et compter sur une défaillance de ce dernier, pour espérer combler son retard.
Hollande assure - Sarkozy l'emporte.
De défaillance chez François Hollande, il n'y a pas eue. Quelques erreurs, comme l'augmentation de la dette depuis 2007, estimée par le candidat socialiste à 600 milliards
d'euros, alors qu'elle a été en réalité de 500 milliards comme le signalait Nicolas Sarkozy, ajoutant, "Une erreur de 100 milliards, ça pose question"... Mais au final, un candidat
qui a plutôt réussi à contenir les assauts de son adversaire, même si sur bien des questions, les Français restent, au terme de ce débat toujours dans le flou, notamment vis-à-vis des mesures
qu'entend prendre François Hollande pour réduire le déficit public. Cela reste toujours un mystère...
Nicolas Sarkozy sort, à mon avis, vainqueur de ce débat. Mais une victoire sans doute trop timide pour espérer réduire un écart qui restait, dans les derniers
sondages, conséquent. Plus pugnace, plus précis aussi, mais également avec de nombreuses erreurs dans son argumentation : Silvio Berlusconi, dirigeant du Peuple de la Liberté, fait bien
partie du Parti Populaire Européen, le même parti que celui de Nicolas Sarkozy au niveau de l'Union Européenne. François Hollande a raison. De la même manière, concernant les
dîners dans un grand hôtel parisien avec les plus généreux donateurs de l'UMP, Nicolas Sarkozy a nié y avoir participé. Il a menti.
De l'Education.
Mais ce que je retiens de ce débat, ce sont les échanges concernant l'éducation. Là encore, le candidat Sarkozy a fait une jolie bévue en expliquant que nous
avions "le taux d'encadrement le plus élevé de l'OCDE" en primaire, alors qu'en réalité, la France se classe 27ème sur les 34 pays de l'OCDE, et avant-dernier en Europe ! Un "beau"
résultat de sa politique.
Et il en rajoute car c'est avec un profond mépris que l'actuel Chef de l'Etat a parlé des enseignants. Ces derniers savaient déjà qu'ils étaient des
"privilégiés", en ayant écouté le 1er mai, l'ancien frontiste Guillaume Peltier. Hier soir, ils
ont appris qu'ils travaillaient "18 heures par semaine, 8 mois de l'année" ! Quelle méconnaissance de l'Ecole et du travail des enseignants.
Nicolas Sarkozy évoque le
travail des enseignants.
Un professeur qui travaille "18 heures par semaine, 8 mois de l'année", cela n'existe pas, ni dans le primaire,
ni dans le secondaire. Entre les préparations des cours, les préparations des devoirs, les corrections de ces mêmes devoirs, les réunions entre enseignants, avec les parents, les
conseils de classe... les enseignants ne sont ni des "privilégiés", ni des fainéants comme semble le suggérer Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, si la situation des professeurs
en France était si enviable, on se demande bien pourquoi il y a si peu de candidats pour en faire son métier.
Instruire les enfants et former les jeunes sont des missions passionnantes et essentielles pour une société. Il s'agit, en
s'occupant ainsi des jeunes générations, de préparer l'avenir de la France. C'est pourquoi, la politique de non-renouvellement d'un fonctionnaire sur deux au sein de l'Education
Nationale a été une erreur majeure pour notre pays. Mais en écoutant Nicolas Sarkozy hier soir, en voyant tous le mépris qu'il peut dégager vis-à-vis de ceux
qui effectuent ces nobles charges et en constatant son ignorance sur le sujet, on peut comprendre pourquoi depuis cinq années, la situation de l'Ecole ne s'est pas améliorée. Au
contraire. Sur ce point, il est indiscutable que François Hollande suscite un espoir.
Enfin, sur l'ensemble du débat, on peut regretter que de nombreux sujets comme la culture, la famille, les affaires
étrangères aient été peu voire pas du tout abordés. Mais cet exercice face aux Français aura au moins un mérite : il permettra sans doute aux indécis dont je faisais partie de faire un choix
pour dimanche.
La campagne d'un second tour d'une élection présidentielle est en général, le moment pour les différents
candidats et leurs équipes, d'essayer de rassembler le plus grand nombre de Français pour pouvoir l'emporter. Je constate que ce n'est pas la stratégie adoptée par Nicolas Sarkozy et ses
amis.
Ainsi, Guillaume Peltier, Secrétaire national de l'UMP et membre de l'équipe de Nicolas Sarkozy a déclaré hier, sur RFI, à quelques heures du rassemblement des partisans du
candidat Sarkozy, au Trocadéro :
"Dans cette période de crise très violente que nous avons connue et que nous continuons à connaître, les fonctionnaires restent des Français
qui ont été privilégiés et protégés, qui ont vu leurs statuts, leurs traitements, leurs salaires, leurs retraites, préservés. [...] Je ne juge pas. Je dis qu'ils ont été préservés. Et il y a une France, celle du travail, celle qui ne demande jamais rien. La France des agriculteurs, des
paysans, des artisans, des commerçants, des salariés, des petits patrons de TPE, de PME, qui ne demandent jamais rien, qui travaillent sept jours sur sept, comme des fous, pour faire vivre
la France, faire vivre leurs familles. C'est cette France effectivement, que nous souhaitons mettre à l'honneur de manière particulière, sans opposer l'une par rapport à l'autre cet
après-midi."
Différencier les Français qui "ne demandent rien" aux fonctionnaires "privilégiés et protégés". Voilà la belle préoccupation, le jour de la Fête
du Travail et à quelques heures du second tour de l'élection présidentielle de certains membres de l'équipe de Nicolas Sarkozy. Loin d'essayer de rassembler les Français, Guillaume Peltier
qui ne "juge pas" (!) tente encore une fois de les diviser. C'est honteux.
Un fonctionnaire travaille-il moins qu'un salarié du privé ? Un fonctionnaire est-il un scandaleux profiteur du système ? Un fonctionnaire est-il un
privilégié, comme pouvait l'être un aristocrate à la cour de Louis XIV ? Il convient évidemment de répondre non à ces différentes interrogations. Les fonctionnaires méritent
leurs salaires, travaillent honnêtement et sérieusement et n'ont pas à recevoir de leçons de ce genre. Ils sont et restent au service de l'ensemble des Français.
Que Guillaume Peltier imagine quelques instants une société sans ceux qui servent les intérêts de l'Etat ; l'ancien cadre du Front National se rendra alors vite
compte que la France se retrouverait rapidement dans une impasse. C'est pourquoi ces quelques mots qui ne visent vraisemblablement qu'à justifier les propos présidentiels autour
du "vrai travail" (!), ne sont ni acceptables, ni cohérents et ne grandissent pas leur auteur.
Il est temps d'arrêter d'opposer les Français entre eux. La France qui travaille, c'est la France du privé et c'est la France du public. Face aux difficultés
actuelles que connaît notre pays, il serait grand temps que les politiques de droite ou de gauche s'adressent à l'ensemble des Français. Seule une France libre et unie, consciente des
enjeux sera capable demain, de relever les défis du XXIème siècle.
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