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De mon départ de Debout La France

Publié par Arnaud Clément sur 2 Mai 2017, 10:28am

Catégories : #Gaullisme, #Politique

La Croix de Lorraine, symbole de la Résistance

La Croix de Lorraine, symbole de la Résistance

   La ligne politique défendue par le rassemblement gaulliste Debout La France a toujours été claire : « Ni système, ni extrêmes ».

   C’est dans ce cadre que j’ai accepté il y a un peu plus d’un an la mission de Secrétaire départemental de Debout La France dans le département de l’Indre.

   C’est dans ce cadre que j’ai entrepris de développer ce parti politique en défendant ses idées et ses valeurs.

   C’est toujours dans ce cadre qu’avec de nombreux sympathisants et militants de l’Indre, j’ai fait campagne pour défendre le projet de Nicolas Dupont-Aignan au 1er tour de l’élection présidentielle. Avec un certain succès, puisque ce dernier a obtenu près d’un point de plus dans l’Indre qu’au niveau national et de très bons résultats dans plusieurs communes du département dépassant souvent les 6% et allant jusqu’à 14%.

   Vendredi 28 avril 2017, Nicolas Dupont-Aignan a, en quelques minutes, balayé la ligne politique de Debout La France « Ni système, ni extrêmes », réduit à néant les efforts des nombreux militants sincères qui, sur le terrain, ont défendu un beau projet pour la France au 1er tour de l’élection présidentielle et placé Debout La France jusqu’à ce jour gaulliste dans une situation de mouvement vassal de l’extrême-droite.

   C’est son choix et celui de quelques conseillers nationaux présents vendredi dernier à Paris. Ce n’est en aucun cas celui des nombreux sympathisants, militants et responsables de Debout La France dont je fais partie.

   Jamais je n’accepterai une alliance avec le Front National. J’avais d’ailleurs indiqué dès le soir du 1er tour de l’élection présidentielle que je ne voterai pas pour la candidate nationaliste le 7 mai prochain.

   Ces derniers mois, jamais, que ce soit en public ou en réunion interne, Nicolas Dupont-Aignan n’a évoqué la possibilité de soutenir Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Jamais, un accord de gouvernement avec le Front National n’a été envisagé lors des différentes rencontres que j’ai pu avoir avec des cadres et le Président de Debout La France.

   Durant la campagne du premier tour de l’élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan a souvent évoqué le Front National en réponse aux questions posées par les médias : à chaque fois, il a dénoncé « les excès du Front National » ou mis en garde contre « le FN, une rupture dans le drame » : « On peut aimer la France, vouloir la défendre, vouloir plus de prospérité sans être Front National ». Combien de fois, le Président de Debout La France n’a-t-il pas fustigé à juste titre, « l’arrière boutique » du FN et de la candidate de ce parti ?

   Dans ces conditions, je considère que ma mission au sein de Debout La France doit immédiatement prendre fin. C’est la raison pour laquelle, dès vendredi, je me suis placé en retrait de Debout La France et que dimanche soir, j'ai démissionné de mon poste de Secrétaire Départemental de l’Indre. J'ai également pris la décision de quitter Debout La France ne me reconnaissant plus dans sa nouvelle ligne politique.

Ma démission de Debout La France à lire aujourd'hui dans La Nouvelle République
Ma démission de Debout La France à lire aujourd'hui dans La Nouvelle République

Ma démission de Debout La France à lire aujourd'hui dans La Nouvelle République

   Professeur d’Histoire, j’essaye de faire partager à mes élèves l’idée qu’il est important de connaître le passé pour comprendre le monde dans lequel ils évoluent. Cette connaissance de l’Histoire doit permettre d’éviter la répétition des erreurs du passé…

   Le Gaullisme véritable à travers ses idées, ses valeurs, n’a jamais eu pour ambition de servir les idées du nationalisme. Qui imagine un seul instant le Général de Gaulle faire une alliance de gouvernement avec Jean-Louis Tixier-Vignancour ???

   Et sans remonter aussi loin dans l’histoire de notre pays et du gaullisme, comment oublier combien Philippe Séguin (souvent mis en avant par Nicolas Dupont-Aignan) s’est battu contre l’extrême-droite et le Front National, notamment suite aux élections régionales de 1998 ? Même quand la situation politique était délicate, jamais l’ancien Président du Rassemblement Pour la République n’a transigé avec les valeurs essentielles qui constituent le fondement de notre nation : la liberté, l’égalité et la fraternité.

   Face à la décomposition politique actuelle de notre pays, je ne peux qu’espérer que se lèveront prochainement des hommes et des femmes honnêtes dans leurs manières d’agir, sincères dans leurs convictions et ambitieux pour la France, capables de construire un rassemblement profondément républicain et porteur de cette « certaine idée de la France » permettant de proposer demain un avenir à notre pays et à nos enfants.

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Loic 04/06/2017 22:23

Bon, alors, je ne critique en rien votre décision, d'abord parce que chacun fait ce qu'il veut, ensuite parce que j'ai réagi comme vous exactement: DLF inféodé à l'extrême droite, ce n'est pas passé.

Non, le gaullisme n'est pas compatible avec ça. Vous avez absolument raison.

Maintenant, et c'est là-dessus que je m'énerve: "Le Gaullisme véritable à travers ses idées, ses valeurs, n’a jamais eu pour ambition de servir les idées du nationalisme."

Hein?!? On peut être contre de Gaulle, je n'ai aucun problème avec ça. On peut être contre le nationalisme, on a bien le droit. Mais prétendre que de Gaulle était contre "les idées du nationalisme", c'est insensé.

Citations d'autorité sur et de Ch. de Gaulle commentant ses idées, ses valeurs, son action:

"Le Nationalisme Populaire L'une des sources essentielles de la pensée gaullienne, c'est ce que l'historien israélien Sternhell appelle faussement la "droite révolutionnaire" (2) et que nous appellerons le Nationalisme Populaire ." (Approches de la philosophie politique du général de Gaulle à partir de sa pensée et de son action: colloque, Institut Charles de Gaulle, 1983)

"Nous nous attacherons délibérément à l'expression d'une pensée et de sentiments chez un homme parvenu à l'âge de l'affirmation. a) Un nationalisme personnalisé : ce nationalisme premier est la traduction d'une vision de l'histoire qui privilégie la France comme valeur suprême" (Des Républiques françaises, Institut Charles de Gaulle, 1988)

"De Gaulle... un officier qu'inspire un nationalisme intégrateur, ample et noble, héritier des grands courants du nationalisme républicain conservateur de Barrès qui voit la spécificité française dans sa terre et dans ses morts..." (De Gaulle et le Tiers monde: actes du colloque, Institut Charles de Gaulle, 1984)

"Et il conclut ce parti-pris de nationalisme par un slogan isolationniste : « Il faut que la France soit la France ». En somme, après l'Algérie algérienne, l'Europe européenne, c'est maintenant la France française." (Passeron, de Gaulle parle, 1962-1966)

"De même, dans son allocution radio-télévisée du 19, si [de Gaulle] se drape dans un nationalisme ombrageux..." (Courtin, L'Europe de l'Atlantique à l'Oural, 1963)

"Je veux parler des fureurs et des ambitions allemandes quine peuvent être niées, des agitations des nationalités (qu'IL EST VRAIMENT TROP COMMODE D'ATTRIBUER AU NATIONALISME!)" (Ch. de Gaulle, Lettres, notes et carnets, tome 2 : 1919-1940)

"L'esprit de la Constitution est celui d'un nationalisme humaniste (c'est-à-dire un nationalisme qui ne soit pas une négation de la personnalité individuelle mais au contraire s'appuie dessus)..." (Ph. de Gaulle, Mémoires accessoires, tome 2 : 1946-1982)

"Un ennemi du fascisme - car c'est le fascisme qu'il combat - Charles de Gaulle n'est pas bridé par une idéologie étroite. Son nationalisme contient le germe d'un nouvel et tolérant internationalisme (= collaboration entre les nations et non abolition des nations!) et sa pensée sur ce point prend racine dans les pleines et souvent amères réalités de la vie nationale française" (Introduction à Ch. de Gaulle, La France n'a pas perdu la guerre, 1944)

"Chez De Gaulle, l'ethnos n'est jamais loin du demos..." (François Bousquet, La Droite buissonnière, 2017)

Quant à Seguin, j'avais été estomaqué par la falsification du langage à laquelle il s'était allègrement livré, quand il avait défini la nation comme "sans rapport avec l'origine, la langue ou la religion". Ce jour-là, je suis allé consulter TOUS les dictionnaires de langue française: Littré, Quillet, Larousse, Robert, Académie, et TOUS donnent exactement la même définition: une nation est un groupe d'hommes qui partagent une même origine, les mêmes mœurs et les mêmes ambitions.

Si on est historien, on accepte l'histoire, on ne la refait pas au gré des modes: de Gaulle était nationaliste. Si on est gaulliste, on ne se bricole pas un de Gaulle à la carte qui serait... anti-nationaliste (???!!!) Si on est français, on accepte la langue française, on ne la refait pas comme ça nous arrange: une nation est un groupe d'hommes - la nation chinoise, la nation israélienne, la nation éthiopienne, la nation française - qui partagent une même origine, la même culture, et des ambitions individuelles et collectives qui se rejoignent du point de vue du progrès librement souhaité.

J'ajouterai qu'en ce qui me concerne, si la France n'est plus la France ("nationalisme" gaullien: "il faut que la France soit la France!"), je m'en fous qu'elle soit "souveraine". Et je suis persuadé qu'en toute logique, c'était également l'idée du Général.

Arnaud Clément 15/07/2017 00:17

Charles de Gaulle a toujours été très clair et a su faire la différence entre deux termes :
"Le patriotisme, c'est aimer son pays ; le nationalisme, c'est détester celui des autres." (Lettres, notes et carnets - 1951).
Je maintiens donc ce que j'ai écrit concernant "les idées du nationalisme".

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