Aujourd'hui, c'est la dernière chance pour l'Europe. C'est la dernière chance pour une Europe démocratique, pour une Europe indépendante, et pour une Europe des peuples.
Aujourd'hui, le peuple Irlandais va se prononcer par referendum sur le Traité de Lisbonne. J'invite tous les citoyens d'Irlande à
voter "non" à ce referendum. Comme je l'ai déjà expliqué ici, les Irlandais se feront ainsi, les
interprètes de nombreux peuples d'Europe privés de consultation directe.
L'Irlande est un pays magnifique que j'aime beaucoup. Si vous ne connaissez pas ce pays, allez passer quelques jours en Irlande, vous ne
serez pas déçu ! Je vous conseille tout particulièrement le sud de l'île et la région du Kerry.
Et en Irlande j'apprécie
particulièrement le peuple irlandais. Les Irlandais ont un formidable sens de l'accueil et de l'hospitalité. C'est également un peuple enthousiaste qui possède une certaine joie de vivre
qu'il sait faire partager et que l'on ne retrouve pas dans plusieurs autres pays d'Europe. Enfin, les Irlandais sont aussi et surtout, des personnes volontaires et
courageuses.
C'est à cette volonté et à ce courage que beaucoup d'Européens font appel aujourd'hui. Irlandais, les peuples de l'Europe comptent sur
vous : votez "non" !
Si les Français, les Néerlandais et la plupart des peuples de l'Europe n'ont pas eu le droit pourtant légitime de se prononcer sur le Traité de Lisbonne, les Irlandais
vont le 12 juin prochain avoir cette chance, l'usage du referendum étant inscrit dans la Constitution de ce pays. Chacun peut se douter que s'il y avait eu un moyen de priver les
Irlandais de referendum, il aurait été utilisé. Malheureusement pour les dirigeants européens, aucune manoeuvre ne devait être possible.
Cette semaine aura vraiment
été une semaine noire pour la démocratie, pour la France et pour l'Europe. Ce qui était véritablement impensable il y a encore quelques mois s'est déroulé sous les yeux du monde,
sans d'ailleurs susciter un émoi considérable. Et pourtant, c'est bien un désastre démocratique qui a eu lieu.
Jeudi, les députés français ont voté à une large majorité (la même que celle qui aurait voté en faveur du Traité Constitutionnel Européen en 2005, si
Jacques Chirac n'avait pas choisi de faire appel au peuple), le projet de loi autorisant la ratification du Traité de Lisbonne, par 336 voix contre 52. Tous les députés de l'Indre se sont
prononcés en faveur du Traité de Lisbonne, alors que les habitants de l'Indre avaient voté à une très large majorité "non" au referendum du 29 mai 2005. Que les citoyens
de leur département ne soient pas en accord avec eux, cela importe peu à Nicolas Forissier, Jean-Paul Chanteguet et Michel Sapin. Ce mépris des électeurs est scandaleux.
Honte à ceux qui ont ainsi osé trahir la volonté du peuple souverain !
Je le disais en introduction, ce fut donc une semaine noire pour la démocratie, pour la France et pour l'Europe.
Semaine noire pour le démocratie car après avoir voté la révision constitutionnelle lundi, les parlementaires ont donc
autorisé la ratification du Traité de Lisbonne. Je le rappelle, 15.449.508 électeurs avaient voté "non" lors du referendum sur
le Traité Constitutionnel Européen le 29 mai 2005, après une campagne qui avait passionné les Français, et dans laquelle, la quasi totalité des pouvoirs (politique, économique,
médiatique...) s'étaient engagés en faveur du "oui". Le choix des Français étaient donc net et sans ambiguïté. En "bons démocrates", 336 députés ont décidé de participer
à ce coup de force en bafouant le suffrage universel, en remettant en cause gravement le principe de souveraineté nationale et évidemment en massacrant ce qui était un outil formidable dans
la Constitution de la Vème République, le referendum.
Semaine noire pour la France, car seul le
peuple français pouvait par referendum revenir sur une décision prise par lui-même lors du précédent referendum de mai 2005. Le manque de courage du Chef de l'Etat (alors qu'il déclarait le
9 mai 2004 lors du Conseil national de l'UMP, qu'à "chaque grande étape de l'intégration européenne, il faudra solliciter le peuple" !), l'incapacité du principal parti
d'opposition, le parti socialiste, à s'organiser et à exiger, alors qu'il en avait les moyens lors du vote du Congrès lundi dernier, un referendum et la lourdeur de la pensée unique ont
abouti à ce fiasco pour notre démocratie. Quelle image donne aujourd'hui notre pays à la face du monde ? Jamais dans l'Histoire de notre République, le peuple n'avait été
mis en minorité de pareille manière. L'Histoire jugera.
Semaine noire enfin pour l'Europe. Cette ratification effectuée à la va-vite (moins on en parle, mieux les tenants de la pensée
unique se portent), n'a pas permis de réveiller les consciences. Et pourtant, en passant du "non" au "oui" dans les conditions que j'ai déjà rappelées, la France apporte
une bien mauvaise pierre à l'édifice européen. Une pierre qui ne pourra que contribuer à l'avenir à destabiliser cette Europe qu'on prétend imposer au peuple français. Car aujourd'hui, non
seulement on continue à construire l'Europe sans les peuples, mais désormais, on construit l'Europe contre les peuples : contre le peuple français aujourd'hui, contre le
peuple hollandais dans quelques semaines, contre le peuple britannique qui n'aura probablement pas lui non plus droit à la parole, ... contre l'ensemble des peuples d'Europe. Il n'est
pas nécessaire d'être devin pour affirmer que si l'Europe ne s'enracine pas parmi les nations qui la fondent, cette Europe-là n'a aucun avenir. Et construite sur de mauvaises
bases, il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que ce bel édifice s'effondre comme un château de cartes. Il sera alors temps de bâtir la seule Europe possible, celle qui s'appuie
sur les peuples.
Pour ma part, mais dois-je le préciser, ma déception est immense. Jusqu'au dernier moment, j'ai espéré un sursaut national et démocratique du Chef de
l'Etat, pensant que jamais il ne pourrait en conscience aller jusqu'au bout de cette forfaiture. Mais ce dernier était probablement plus occupé ces derniers temps par des dossiers d'une
autre nature... La complicité des parlementaires et notamment des parlementaires socialistes, alors que ces derniers s'étaient eux, engagés lors de la récente campagne électorale,
sur l'usage du referendum est décevante et représente une double trahison envers les citoyens.
Enfin, en tant que citoyen, jamais je ne reconnaîtrai ce Traité de Lisbonne qui a été adopté contre l'avis du peuple français.
Je l'affirme : ce n'est pas en censurant les peuples que l'on construira l'Europe. L'Europe se fera avec les peuples ou elle ne se fera pas
!
"On ne fera pas l'Europe si on ne la fait pas avec les peuples et en les y
associant."
Charles de Gaulle - Juillet 1952
Comme c'était malheureusement prévisible, le Congrès, réuni ce jour en séance à Versailles, a ouvert la voie à la ratification du Traité de
Lisbonne, signé le 13 décembre dernier. Sur les 893 Parlementaires (Députés et Sénateurs) présents, 741 se sont exprimés
: 560 ont voté pour, 181 ont voté contre. Et 152 parlementaires (dont 142 socialistes) se sont déplacés pour... s'abstenir.
Ainsi,
Députés et Sénateurs sont désormais "acteurs de l'Histoire", comme le souhaitait le Premier Ministre François Fillon en début de séance. En tout cas, le dernier
espoir pour les Français d'obtenir un referendum afin de pouvoir légitimement ratifier ou non ce Traité de Lisbonne vient de s'effondrer. Et je suis certain que
"l'Histoire" jugera.
Si la responsabilité du Président de la République est sur ce dossier, totale, celle de l'opposition parlementaire est considérable. Les parlementaires
socialistes qui, en votant favorablement ou en s'abstenant lors de ce vote au Congrès, viennent de prendre la responsabilité finale de ne pas permettre aux Français de ratifier le Traité de
Lisbonne par un referendum. Car les parlementaires socialistes pouvaient en votant contre cette révision, contraindre le Chef de l'Etat à organiser un referendum. Par ailleurs, ils ne faisaient
ainsi que respecter la promesse de la candidate socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal qui souhaitait à nouveau consulter les Français. Rien n'y a fait.
Et ce soir, en découvrant le résultat du vote, je constate que le député de la 1ère circonscription de l'Indre, Michel Sapin, par ailleurs
Président du Comité de soutien de la liste conduite par Jean-Yves Gateaud à Châteauroux, et pourtant très proche de Madame Royal s'est abstenu lors de ce vote pourtant capital. N'avait-il pas
expliqué récemment, aux membres du Collectif indrien pour un nouveau referendum qu'il souhaitait voir le Traité de Lisbonne ratifié par un vote des Français ? A l'image du candidat à la
Mairie de Châteauroux qu'il soutient, du discours aux actes, il y a un abîme !
Prochaine étape mercredi lors du Conseil des Ministres où le Traité de Lisbonne sera présenté, puis jeudi où il sera examiné, puis très
probablement adopté à l'Assemblée Nationale, puis au Sénat. 2 ans et demi après le rejet massif du texte exprimé par les Français, nos représentants s'apprêtent donc à faire exactement le
contraire du choix effectué par la volonté populaire. Qui osera désormais s'étonner, après une telle démonstration de déni de démocratie, de l'abstention de nos concitoyens lors des consultations
électorales ?
Je vous présente aujourd'hui un livre dont je vous recommande la lecture : "Le Coup d'Etat simplifié", écrit par le Député de l'Essonne,
Nicolas Dupont-Aignan. Cet ouvrage paraît aujourd'hui aux Editions du Rocher.
Vous le savez, je partage avec le Président de Debout La République, ce combat qui consiste à obtenir un vote du peuple pour ratifier le
Traité de Lisbonne. Dans ce nouvel ouvrage, Nicolas Dupont-Aignan "expose dans le détail, les rouages d'une
gigantesque manipulation qui vise à imposer au peuple français, un changement de régime synonyme de disparition de la démocratie", en France comme en Europe.
Revenant sur les événements depuis la victoire du Non lors du referendum du 29 mai 2005, "le Coup d’Etat simplifié"
"démontre que cette grande manipulation ne relève aucunement de l’improvisation mais tout au contraire de la plus froide préméditation. Anecdotes, témoignages et analyse serrée de la presse,
tout converge pour démasquer une authentique remise en cause de la démocratie et de la République. [...] Sur la forme, comme sur le fond, ce passage en force parlementaire est
illégitime."
L'auteur propose enfin, "une autre Europe, plus raisonnable, plus concrète, plus patiente mais plus solide car bâtie sur
le consentement des peuples. [...] Il faut la préparer maintenant pour qu’elle puisse prendre la relève au moment de l’écroulement de l’usine à gaz intégrée d’aujourd’hui."
Et je vous le rappelle, vous pouvez toujours signer la
pétition pour que les Français obtiennent la possibilité de se prononcer directement sur ce texte. D'après les dernières informations, près de 150000 personnes l'ont déjà signée. Et vous
?
Parce que quelques mots valent souvent mieux qu'un long discours, je vous propose aujourd'hui cette interview du
Député de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan, invité de I-Télé et de France-Info jeudi dernier. Le sujet de cette interview ? Evidemment, le Traité de Lisbonne qui ne réconcilie vraiment pas "le
oui et le non", comme le souhaitait Nicolas Sarkozy durant la campagne pour l'élection présidentielle.
Peut-être certains se rendront-ils mieux compte de ce qui nous attend...
Les dirigeants des 27 pays membres de l'Union Européenne étaient donc réunis aujourd'hui à Lisbonne afin de signer le nouveau
traité européen, destiné à remplacer le Traité Constitutionnel Européen, dont il n'est au final qu'une pâle copie.
L'étape suivante est la ratification de ce Traité de Lisbonne par les différents Etats. Deux procédures sont envisageables : la ratification par voie parlementaire en
faisant voter Députés et Sénateurs. Ou la ratification par voie référendaire en donnant la parole au peuple. Dans presque tous les pays de l'Union, c'est la première solution qui a été adoptée.
Il apparaît aujourd'hui, que seule l'Irlande procédera à la ratification de ce traité en organisant un referendum. Il est vrai que les dirigeants irlandais n'ont pas le choix dans la mesure où
cette procédure est une obligation puisque inscrite dans la constitution irlandaise.
On sait pourtant qu'en Grande-Bretagne, en Pologne, au Danemark, en République Tchèque, mais aussi et surtout aux Pays-Bas et en France, ce Traité de
Lisbonne ne fait pas l'unanimité. Mieux, si un referendum était organisé, il est fort probable que ce traité serait rejeté si l'on se base sur les résultats des referendums organisés en 2005 en
France et aux Pays-Bas.
La manoeuvre décidée par les dirigeants européens, qui consiste en un passage en force pour faire ratifier ce texte contre l'avis des peuples est
scandaleuse. Comment peut-on craindre à ce point le suffrage universel ?
Comme je l'ai expliqué ici ou là, c'est le peuple qui doit décidé, comme il en est l'usage pour un texte de cette nature et parce-qu'un texte identique a
été fortement rejeté par la souveraineté nationale il y a quelques mois, c'est le peuple qui doit voter pour ratifier ou non, lors d'un referendum, ce nouveau traité.
Aujourd'hui, il faut pour obtenir ce nécessaire referendum convaincre nos dirigeants. Alors pour faire
changer d'avis le Chef de l'Etat Nicolas Sarkozy et l'obliger à faire ratifier ce Traité de Lisbonne par referendum : signer et continuer à faire signer la pétition. Plus nous serons nombreux, et plus vite nous serons entendus !
Parce que la démocratie est en danger, mon engagement sera total. Comme je l'ai déjà expliqué ici, la ratification du nouveau traité européen doit se faire par referendum.
En effet, ce traité modificatif européen qui va devenir le Traité de Lisbonne après sa signature le 13 décembre prochain, reprend des pans entiers du Traité
constitutionnel européen (pour ne pas dire comme l'explique Valéry Giscard d'Estaing qu'il en est une pâle copie), qui a été rejeté par les Français lors d'une consultation démocratique voulue
par le Chef de l'Etat Jacques Chirac, à une très importante majorité. Dès lors, il convient de redonner la parole au peuple pour qu'il se prononce sur la ratification de ce nouveau
traité.
Les Français ont dit "NON" au Traité constitutionnel européen le 29 mai 2005 à plus de 55%, alors qu'ils avaient été
à peine plus de 51% à approuver le Traité de Maastricht... Ce résultat doit être enfin respecté car en fait, il ne l'a jamais été par les tenants de la pensée
unique.
Voilà une bien étrange conception de la démocratie qui voudrait que lorsque c'est oui, c'est oui ; et lorsque
c'est non... c'est oui quand même ! Ce qui n'est rien d'autre qu'un coup de force remettant en cause des principes et des valeurs bien antérieurs au début du commencement de la construction
européenne est totalement inacceptable.
Aujourd'hui, durant les quelques semaines qui nous séparent de la ratification par voie parlementaire que
l'on prétend imposer aux Français, c'est à chacun de prendre ses responsabilités. Républicains et démocrates, soucieux de l'intérêt et de l'avenir de notre pays et de ses institutions, nous
devons tous ensemble, Electeurs du Oui et du Non lors du referendum de 2005, exiger une ratification par voie référendaire du nouveau traité.
C'est pourquoi, j'invite chacune et chacun d'entre vous à signer la pétition nationale pour obtenir un nouveau referendum lancée par Nicolas Dupont-Aignan, afin
d'exiger le respect du suffrage universel, le respect du fonctionnement des institutions pour que l'usage du referendum ne disparaisse pas, et d'invoquer
tout simplement, le respect de vos droits de citoyen.
Parce que seul le peuple français peut par referendum revenir sur une décision prise par lui-même lors d'un précédent referendum :
Je signe la pétition
Aujourd'hui, les Chefs d'Etats et de gouvernements de l'Union Européenne étaient réunis à Lisbonne. Ils ont adopté le traité modificatif européen, qui sera
signé dans la capitale portugaise, le 13 décembre prochain.
Ce traité, dont on commence à distinguer les grandes lignes semble bien apparaître comme un véritable bidouillage, reprenant les grandes lignes du Traité
constitutionnel européen, que plusieurs peuples européens ont rejeté. Le Président Valéry Giscard d'Estaing l'a d'ailleurs clairement exprimé : "En
termes de contenu, les propositions demeurent largement inchangées, elles sont juste présentées de façon différente. La raison de ceci est que le nouveau texte ne devait pas trop ressembler au
traité constitutionnel. Les gouvernements européens se sont ainsi mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler."
Nicolas Sarkozy avait annoncé durant la campagne pour l'élection présidentielle, sa volonté que ce texte soit ratifié par les parlementaires.
Aujourd'hui, le Chef de l'Etat a confirmé ce choix en indiquant qu'il voulait que la France, qui avait dit "non" à la Constitution par referendum, "montre l'exemple" en
ratifiant la première le nouveau texte, si possible avant la fin du mois de décembre.
Comme je
l'ai toujours dit, ne pas soumettre ce nouveau traité au vote des Français est totalement inacceptable. Le referendum, c'est la confiance dans le peuple. C'est la confiance dans
les justes choix qu'il fait.
Ne pas soumettre ce nouveau
traité au vote des Français, il faut être clair et mesurer les enjeux, c'est à la fois bafouer le suffrage universel (je rappelle que près de 16 millions de Français
- plus de 54,6% des suffrages - ont voté "Non" lors du referendum de mai 2005), remettre en cause gravement le principe de souveraineté nationale, mais aussi
se lancer dans un coup de force dont ni le Président, ni le Gouvernement ne sortiront à terme vainqueur.
Par ailleurs, cette ratification que l'on veut nous imposer à la va-vite, ne fera que creuser un fossé plus large encore, entre les citoyens et les
institutions européennes. Car si aujourd'hui, on construit l'Europe sans les peuples, désormais ce serait contre les Peuples ! Il faudra pourtant bien qu'un jour, on decide
d'instaurer de véritable pratiques démocratiques dans l'Union Européenne...
Seul le peuple français peut par referendum revenir sur une décision prise par lui-même lors d’un précédent referendum. Il va donc
falloir, dans les semaines qui viennent nous mobiliser afin d'obtenir ce qui est juste et ce qui est conforme à l'esprit de notre tradition politique : l'usage de la procédure
referendaire pour ratifier le Traité de Lisbonne.
"Ainsi commencée, la mise en oeuvre du Marché commun va donner lieu à un vaste déploiement d'activités, non seulement techniques, mais aussi diplomatiques. En effet, l'opération,
indépendamment de sa très grande portée économique, se trouve enveloppée d'intentions politiques caractérisées et qui tendent à empêcher la France de disposer d'elle-même. C'est pourquoi,
tandis que la Communauté se bâtira dans les faits, je serai, à plusieurs reprises, amené à intervenir pour repousser les menaces qui pèsent sur notre cause.
La première tient à l'équivoque originelle de l'institution. Celle-ci vise-t-elle - ce qui serait déjà beaucoup ! - à l'harmonisation des intérêts pratiques des six Etats, à leur solidarité économique vis-à-vis de l'extérieur et, si possible, à leur concertation dans l'action internationale ? Ou bien, est-elle destinée à réaliser la fusion totale de leurs économies et de leurs politiques respectives afin qu'ils disparaissent en une entité unique ayant son Gouvernement, son Parlement, ses lois, et qui régira à tous égards ses sujets d'origine française, allemande, italienne, hollandaise, belge ou luxembourgeoise, devenus des concitoyens au sein de la patrie artificielle qu'aura enfantée la cervelle des technocrates ? Il va de soi que, faute de goût pour les chimères, je fais mienne la première conception. Mais la seconde porte tous les espoirs et toutes les illusions de l'école supranationale.
Pour ces champions de l'intégration, "l'exécutif" européen existe déjà bel et bien : c'est la Commission de la Communauté économique, formée,
il est vrai de personnalités désignées par les six Etats, mais qui, cela fait, ne dépend d'eux à aucun égard. A entendre le choeur de ceux qui veulent
que l'Europe soit une fédération, quoique sans fédérateur, l'autorité, l'initiative, le contrôle, le budget, apanages d'un gouvernement doivent désormais appartenir, dans l'ordre économique, à ce
choeur d'experts, y compris - ce qui peut être indéfiniment extensif - au point de vue des rapports avec les pays étrangers. Quant aux ministres "nationaux", dont on ne peut
encore se passer pour l'application, il n'est que de les convoquer périodiquement à Bruxelles, où ils recevront dans le domaine de leur spécialité les instructions de la
Commission. D'autre part, les mêmes créateurs de mythes veulent faire voir dans l'Assemblée, réunissant à Strasbourg des députés et des sénateurs délégués par les Chambres des pays membres,
un "Parlement européen", lequel n'a, sans doute, aucun pouvoir effectif, mais qui donne à "l'exécutif" de Bruxelles une apparence de responsabilité démocratique. [...]
A quelle profondeur d'illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d'être elles-mêmes et n'en plus former qu'une seule ? A quelles vues sommaires répond la comparaison, souvent brandie par des naïfs, entre ce que l'Europe devrait faire et ce qu'ont fait les Etats-Unis, alors que ceux-ci furent créés, eux, à partir de rien, sur une terre nouvelle, par des flots successifs de colons déracinés ? Pour les Six, en particulier, comment imaginer que leurs buts extérieurs leur deviennent soudain commun, alors que leur origine, leur situation, leur ambition, sont très différentes ?"
"Mémoires d'Espoir - Le Renouveau (1958-1962)"
Charles de Gaulle - Plon, 1979
Il est inutile d'essayer de parler pour le Général. La démarche la plus sage reste bien de se baser sur ses écrits, ses discours et ses actes pour faire ressortir la véritable pensée de Charles de Gaulle. Dans ce texte, tout est dit. Le Général de Gaulle entend bien veiller à ce que la Communauté des six Etats européens, ne sombre pas dans l'aventure supranationale, ou fédérale. Il le fera tout au long de sa présidence. Mais ensuite, cette politique a été bien infléchie, y compris par des personnalités se réclamant du Général de Gaulle.
La situation historique des nations européennes n'a guère changé depuis les années 1960 (l'effondrement du bloc de l'Est mis à part). La dernière interrogation posée par le Général de Gaulle répond bien à une partie de la question qui était posée aux Français lors du referendum de mai 2005, sur le projet de traité constitutionnel : Comment un ministre des affaires étrangères européen, pourrait-il s'exprimer au nom, non plus de 6, mais désormais de 27 Etats aux intérêts pas toujours convergents ?
Les Français, dans leur sagesse ont refusé de se lancer dans cette aventure. Espérons que notre Président de la République, Nicolas Sarkozy saura respecter la décision du peuple souverain. Rien n'est moins sûr, car aujourd'hui, il semble bien que le Chef de l'Etat entende se passer de la procédure référendaire pour ratifier les futures décisions en matière européenne. J'aurai l'occasion de revenir sur ce sujet très prochainement.
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