La question est simple : qui a menti ? le Président de la République française, Nicolas Sarkozy ou le Premier Ministre bulgare Boïko
Borissov ? Le premier a expliqué, à l'issue du sommet européen de jeudi dernier, qui s'est tenu à Bruxelles, que lors de sa rencontre avec le Président de la Commission européenne José Manuel
Barroso, "s'il y a quelqu'un qui n'a pas proféré de propos excessifs, c'est bien moi". Le second a évoqué à la radio bulgare que "la rencontre a été dominée par des
échanges violents, pour ne pas dire un scandale". Et Jean-Claude Juncker, le Premier Ministre luxembourgeois, de rajouter que "ça a été un échange mâle et viril". Si on tient
compte des témoignages de plusieurs diplomates, il semble bien que Nicolas Sarkozy ait quelque peu minimisé devant la presse, la virulence de ses échanges avec José Manuel Barroso.
Et tout cela pour la question des Roms. Avec une politique ultra-sécuritaire défendue dans un but purement électoraliste, à quelques mois de la prochaine élection
présidentielle, le Chef de l'Etat entraîne la France sur une voie dangereuse. Ainsi, si l'on ne peut accepter l'installation sauvage de camps, sur des espaces publics, des stades..., la
circulaire du ministère de l'intérieur du 5 août dernier stigmatise clairement une minorité. Comme cela a pu se faire dans d'autres Etats et à d'autres époques. C'est inacceptable. Tellement
inacceptable que le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux a modifié, en début de mois, cette circulaire, demandant de poursuivre les évacuations de camps illicites "quels qu'en soient
les occupants".
Malheureusement, le mal est fait et c'est bien l'image de la France qui depuis des semaines est atteinte. Dans un sondage Ifop paru il y a 48 heures, 71% des personnes
interrogées estiment que l'image de la France à l'étranger s'est dégradée ces dernières semaines. Comment le nier ? En voulant, une nouvelle fois réagir sur le vif, à des événements de la
rubrique "Faits divers" (des "émeutes" causées à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher), Nicolas Sarkozy pousse la France, à la une de la rubrique "International". Une
France, pays des Droits de l'Homme, désormais critiquée, attaquée, condamnée. L'Organisation des Nations Unies, le Parlement européen, le Vatican et de nombreux autres pays (dont
l'Allemagne) ont critiqué la politique de la France.
La récente polémique
avec la Commissaire européenne à la Justice, la luxembourgeoise Viviane Reding n'est qu'un triste épisode supplémentaire. Comme le souligne le Président de Debout La République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, elle n'a été élue par personne et ses
propos sont excessifs. Mais ils participent, une fois de plus à ternir l'image de notre pays. Les attaques scandaleuses contre le pays d'origine de cette commissaire, venues de France ne
grandiront d'ailleurs, ni leurs auteurs, ni notre pays. Ainsi, après que le Chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy ait suggéré de manière très élégante, au Luxembourg d'accueillir des Roms, c'est
le sénateur de l'Oise, Philippe Marini qui a osé déclarer samedi, qu'il "aurait préféré [...] que le Luxembourg n'existe pas". Est-ce une digne attitude à adopter,
vis-à-vis d'un pays ami ? Evidemment non et le Premier Ministre, François Fillon a eu le mérite de présenter ses excuses à son homologue luxembourgeois. Il n'est pas utile d'évoquer
également la polémique sur ce sujet avec l'Allemagne, Etat qui, il y a encore quelques mois, nous était proche.
Dans un article d'avril 2009, j'écrivais : "Comme d'autres, j'ai toujours pensé que la France avait une place à part au niveau international, qu'elle incarnait certaines idées,
certaines valeurs défendues tout au long de son histoire, qui font que sa voix est écoutée dans le monde entier". Avec l'obstination électoraliste d'un Président de la République, qui
s'enfonce encore aujourd'hui dans l'impopularité, multipliant les déclarations tapageuses et désormais an quête de crédibilité sur la scène internationale, c'est l'image de la France qui est
atteinte et c'est la France que ce dernier entraîne dans la difficulté. Bien entendu, il ne faut pas oublier, l'impact de l'affaire Woerth ou l'attitude honteuse de notre équipe nationale de football au début de l'été,
qui sont d'autres éléments contribuant à affaiblir l'image de la France à l'étranger.
Pour conclure, je souhaite fortement que les futures présidences françaises du G20 et du G8, soient l'occasion
pour Nicolas Sarkozy d'essayer de redorer l'image de notre pays. Mais, compte-tenu de ce que j'ai pu encore voir ces derniers jours, je reste très sceptique.
Les VIIIèmes Universités de Rentrée de Debout La
République, qui se déroulaient le week-end dernier à Dourdan (Essonne) ont été une véritable réussite. Participant dimanche à ces Universités, j'ai particulièrement apprécié les
interventions éclairées de Gérard Lignac, PDG du groupe de presse France Est Médias et patron du quotidien Les Dernières Nouvelles d'Alsace évoquant notamment la Chine, d'Alain Cotta,
économiste, auteur de "Sortir de l'euro ou mourir à petit feu", paru chez Plon en juin dernier ou de l'avocat Henri Temple parlant de la nation.
Mais le meilleur fut une nouvelle fois, le Président de Debout La République, Nicolas Dupont-Aignan, qui au détour d'une phrase, annonçait sa candidature à l'élection présidentielle de 2012. S'opposant à la fois aux extrêmes, au Chef de l'Etat
"grande gueule et petit bras", aux socialistes qui n'ont pour seul programme qu'un "pansement" qui n'est qu'un "simple patch anti-douleur", face à la crise économique
et sociale que subit la France, Nicolas Dupont-Aignan s'est montré pugnace et déterminé dans ce combat politique qui s'annonce. Je vous invite à découvrir son discours : http://www.debout-la-republique.fr/Universites-de-rentree-2010.html
Avec cette détermination, Nicolas Dupont-Aignan est aujourd'hui, le seul homme politique capable à la fois de communiquer un nouveau souffle politique avec des idées pleines de
bon sens et d'apporter une véritable espérance aux Français, ce qui manque profondément aujourd'hui, l'abstention massive aux dernières élections régionales ne faisant que le prouver. Face à
l'avenir incertain que connaît notre pays, je lui apporte, une nouvelle fois, mon entier soutien.
Même si je n'oublie pas la dissolution ratée de 1997 et le CPE en 2006, Dominique de Villepin est une personnalité que j'apprécie. Le
formidable discours de l'ancien ministre des Affaires Etrangères à l'ONU en 2003, n'y est pas étranger. Par ailleurs, dans son combat face à Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin m'a toujours
paru courageux et volontaire. La création en juin dernier de République Solidaire, association politique dont il est le président me semblait donc être un pas de plus vers
la rupture de l'ancien Chef du gouvernement de Jacques Chirac, avec le mouvement sarkozyste.
Mais, le 30 juillet dernier, Dominique de Villepin a fait le choix de renouveler son adhésion à l'UMP. Il faudra pourtant, que le Président de République Solidaire
face rapidement un choix : ou bien, en étant membre de l'UMP, il s'inscrit clairement dans la majorité en soutenant la politique menée par le Gouvernement et décidée par Nicolas Sarkozy ; ou
bien République Solidaire est véritablement un parti politique, dont l'ambition est de développer un programme politique, et dans ce cas, son président peut difficilement être
membre d'un autre mouvement politique.
Aujourd'hui, étant de nouveau inscrit à l'UMP, Dominique de Villepin se retrouve dans la première situation. République Solidaire ne peut donc être considéré comme un mouvement politique
à part entière, mais plus simplement, comme un club politique, dont l'affiliation à l'UMP est peut-être même envisagée.
Quelle déception pour ceux qui ont, un instant, pensé que l'ancien Premier Ministre pouvait incarner un recours à droite, face à l'actuel Chef de l'Etat ! Comme beaucoup, je
souhaite une clarification rapide de sa part sur ce point. Aura-t-il la volonté d'un Nicolas
Dupont-Aignan, qui avec Debout La République, construit une véritable alternative républicaine, ou Dominique de
Villepin et son club politique République Solidaire, forment-ils déjà un espoir déçu ?
Deux membres du gouvernement viennent de démissionner : Alain Joyandet, Secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie et Christian
Blanc, Secrétaire d'Etat au Développement de la Région capitale. Deux démissions imposées semble-t-il par le Chef de l'Etat, qui ne souhaitait visiblement plus attendre le remaniement ministériel
prévu à l'automne prochain.
Comment lui reprocher son impatience, à voir ces deux ministres, quitter le gouvernement ? Au contraire ces démissions et particulièrement
celle de Christian Blanc n'avaient que trop tardé. En effet, comment tolérer que des cigares, payés 12000 euros pour la consommation personnelle d'un ministre, soient réglés par le
contribuable français ? Comme le titrait Le Point, la semaine dernière, ce sont vraiment des "indécents".
Malheureusement pour la France, malheureusement pour la République, la liste de ceux qui devraient quitter le gouvernement, ne s'arrête
pas à ces deux ministres. Comment garder au sein du gouvernement, Fadela Amara, Secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, certes sympathique, mais qui n'hésite pas à héberger, aux frais
du contribuable, des membres de sa famille, dans un logement de la République, de 120m², dans un beau quartier de la capitale ?
Comment conserver au sein du gouvernement, Brice Hortefeux, Ministre de l'Intérieur, qui alors que chacun pensait qu'en septembre
dernier, il s'en était pris aux Auvergnats ; ce qui n'était d'ailleurs pas très compréhensible, étant lui-même un élu d'Auvergne ; est finalement condamné pour injure à caractère
raciale, il y a quelques jours ? Au passage, ce dernier ne devrait plus être membre du gouvernement depuis longtemps, puisque candidat aux élections européennes de 2009, parmi les
engagements de l'UMP pour ces élections, figurait celui que "les candidats de la Majorité présidentielle s'engagent à être présents au Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles",
dès lors qu'ils étaient élus. Ce qui fut le cas de Brice Hortefeux. L'engagement ne fut donc pas respecté et Brice Hortefeux bénéficia d'une bien étrange dispense.
Enfin, sans m'étendre davantage sur certaines personnalités du gouvernement, dont la présence en son sein est au mieux surprenante, au pire contestable, comment
conserver au sein du gouvernement, Eric Woerth, Ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction Publique ? Il ne se passe plus une journée, sans que le soupçon, le doute ou la
suspicion ne viennent accabler un peu plus le ministre et son entourage. Comme le reconnaît son épouse, il y a clairement eu "conflit d'intérêt". Que ce soit dans le cadre de l'affaire
Bettencourt où dès lors qu'il était lui-même, à la fois trésorier de l'UMP et Ministre du Budget. Il y a des fonctions que l'on ne peut pas cumuler et de tout cela, il y a des conséquences à
tirer.
Comme je l'ai déjà écrit, la situation actuelle est très éloignée de la "République irréprochable" défendue par le candidat à
l'élection présidentielle, devenu Chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy. Pire, la multiplication de ces affaires, dans un contexte de crise économique, difficilement vécu par de nombreux Français,
porte gravement atteinte à la République. Souhaitons donc que ces deux départs en appellent d'autres, afin que l'ensemble du gouvernement de la France retrouve sérénité et
probité.
J'ai évoqué la semaine passée, le véritable déni de réalité auquel plusieurs membres de la
majorité présidentielle, le Premier Ministre en tête, s'étaient livrés, suite au premier tour des élections régionales.
Si au soir du second tour de ces élections, la plupart des membres de la majorité ont reconnu la défaite, on ne peut que
constater que l'un des principaux artisans de ce fiasco électoral de la droite républicaine, Xavier Bertrand, secrétaire général de l'Union pour un Mouvement Populaire n'a pas vraiment entendu le
message des Français. Comme le souligne FalconHill, dans un excellent
article dont je vous recommande la lecture et dont je partage totalement le contenu, Xavier Bertrand semble "n'avoir rien compris au film". Quand ce dernier explique, ce matin, sur
RTL : "Je n'ai pas entendu, hier, les Français dire non aux réformes", il montre clairement et simplement, qu'il n'est plus en phase avec la réalité. Car je suis persuadé que les
Français sont, aujourd'hui, totalement dégoutés des "réformes", un terme d'ailleurs qui inclut désormais, un contenu profondément négatif dans leurs esprits.
Réformer pour davantage de pouvoir d'achat, réformer pour rendre notre démocratie irréprochable, réformer pour qu'il y ait moins
d'injustice en France, réformer pour améliorer les conditions de vie des Français, c'est ce que le peuple français souhaitait en 2007. Mais la plupart des différentes
"réformes" depuis cette date, ont eu des effets contraires ou n'ont pas permis d'atteindre ces objectifs. Dès-lors, les Français sont plus que méfiants vis-à-vis de
ces "réformes" et même s'il sera nécessaire à l'avenir de réformer dans de nombreux domaines, il faudra indiscutablement le faire autrement.
Le remaniement gouvernemental annoncé ce soir le permettra t-il ? J'en doute. Si Xavier Darcos est donc désigné comme LA victime de ces
élections régionales (pourquoi seulement lui ?), je ne suis pas convaincu que les quelques modifications apportées à l'équipe gouvernementale répondent à l'attente considérable des millions de
Français qui ces deux derniers dimanches se sont abstenus (21 millions au second tour), ont voté blanc ou nul (1 million), ou se sont réfugiés dans le vote de protestation des
extrêmes (2 millions). Il faudra d'autres signes, d'une toute autre ampleur, pour répondre aux attentes et aux inquiétudes exprimées par le peuple.
Je note cependant un signe encourageant, la nomination de François Baroin comme ministre du budget. C'est un homme que j'apprécie, qui n'a jamais trop su manier la
langue de bois. Pourtant, le député-maire de Troyes était considéré jusque-là, comme persona non grata au sein du gouvernement. Le Chef de l'Etat, dans un élan de profonde sympathie,
n'avait-il pas expliqué, une fois élu, à son successeur au ministère de l'Intérieur en mars 2007 : "Deux mois à l'intérieur, cinq ans à l'extérieur [du gouvernement]". Il
semble que Nicolas Sarkozy ait changé d'avis, en pratiquant l'ouverture à un chiraquien. Voilà qui est, je le répète, encourageant, mais certainement pas suffisant pour les
Français !
Aujourd'hui, se déroule le second tour des élections régionales. A chacun de se déterminer, même si comme au premier tour, dans la région Centre, et comme dans de
nombreuses autres régions, nous devons faire face à un triste choix,
sur lequel je ne reviens pas.
L'abstention record du 1er tour (près de 54%) qui porte le message du rejet de l'offre politique actuelle, sera je l'espère, entendue par nos
dirigeants. Mais, si vous n'êtes pas satisfait par cette offre politique, il vous reste la possibilité de voter blanc. Au moins, par votre vote, vous marquerez
l'intérêt que vous portez à la démocratie.
Voter est un droit et doit être également considéré comme un devoir. Ne renoncez pas à ce droit et faites votre devoir : aujourd'hui, votez
!
Le soir du 1er tour des élections régionales, dimanche dernier, après avoir écouté plusieurs réactions de différents
responsables de la majorité présidentielle, j'ai écrit sur un réseau social bien connu que j'étais "consterné (et le mot est faible) par l'attitude des représentants de la majorité,
incapables de reconnaître une défaite électorale pourtant éclatante. François Fillon ou Eric Besson et même Chantal Jouanno : "Si c'était un vote-sanction, ce serait encore plus fort que ça"
! [...] Qu'ils continuent à nier cette défaite et dimanche prochain, cela risque d'être pire !"
En effet, au delà des
tristes résultats de dimanche dernier qui concluent une bien pauvre campagne, comme j'ai déjà eu l'occasion de le souligner sur ce blog, je crois que ce qui reste le plus marquant est cet
incroyable déni de réalité que nous ont présenté l'UMP et ses dirigeants depuis dimanche. Comme l'écrit Nicolas Dupont-Aignan, "il n'y avait pas la moindre
once de sincérité dans ces propos, dont la mauvaise foi himalayenne, n'avait d'égal que le ridicule." Comment ne pas (vouloir) se rendre compte que les Français ont manifesté par leur vote
ou par leur absence de vote, un mécontentement vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement et décidée par le Chef de l'Etat ?
Expliquer comme l'a fait notamment le Premier Ministre que "la faible participation ne permet pas de tirer un enseignement national
de ce scrutin" relève d'une extraordinaire malhonnêteté. En effet, lors des dernières élections européennes de juin 2009, avec un taux d'abstention bien supérieur (près de 60% !),
François Fillon ne se gênait pas pour parler du "succès" obtenu par l'UMP, arrivée en tête avec 28% des suffrages. 60% d'abstention, dans une élection au sein de grandes
régions, ne lui posait donc aucun problème pour se féliciter d'un "bon" résultat, mais 54% d'abstention ne lui permet pas de souligner un piètre résultat pour la majorité.
Lamentable.
Dans ce contexte, il est probable que dimanche prochain, les Français expriment de nouveau leur colère, soit en s'abstenant, soit en
votant blanc ou nul, soit en votant dans certaines régions, pour le Front National qui progresse depuis les derniers scrutins de 2007 ou 2009. Je reste persuadé que les Français n'ont pas
voté pour les listes de gauche avec enthousiasme. Par exemple, dans l'Indre, les listes de gauche (PS, Europe Ecologie et Front de Gauche), ont obtenu 39433 suffrages, alors qu'en 2004, la
liste d'union de la gauche obtenait au 1er tour, 47073 voix ! Il manque donc plus de 7600 voix à la gauche cette année par rapport à 2004, ce qui prouve bien qu'il n'y a pas une forte
adhésion à la majorité sortante de gauche.
Simplement, je crois aussi que les Français ont estimé devoir sanctionner la politique sarkozyste actuellement
menée, en rejetant notamment les listes de l'UMP, trop souvent conduites par des membres du gouvernement, qui parfois, à l'image de la ministre de la Guadeloupe de
l'Outre-Mer, se sont offerts des défaites historiques. Malheureusement pour le peuple, il n'a pas été entendu par le pouvoir. Mais nier la réalité, n'a jamais fait
avancer. Au contraire.
Seules, quelques voix se sont élevées pour exprimer la vérité. Par exemple, j'ai apprécié l'intervention du député-maire de Troyes, François
Baroin qui a expliqué aujourd'hui, que la majorité avait pris "une claque", estimant qu'il "faudra que Nicolas Sarkozy entende le message, il a un virage à amorcer". Mais
ce dernier finira-t-il par entendre le message des Français ? Est-il seulement encore à l'écoute ? Pour les Français, pour la France, pour notre démocratie qui est au plus mal, je
l'espère vraiment.
Après une véritable non-campagne, durant laquelle l'usage de procédés très discutables a été préféré au débat de fond, il est bien difficile de savoir quelles idées sont défendues par les différents
candidats en lice pour ces élections régionales. Des accusations portées contre une tête de liste socialiste dans le Val-d'Oise par des élus de l'Union pour un Mouvement
Populaire aux accusations du socialiste Vincent Peillon contre un ministre du gouvernement et un ancien ministre de Jacques Chirac, en passant par les déclarations toujours aussi
honteuses d'un président de région dénommé Georges
Frêche ou par l'attitude détestable d'une secrétaire
d'Etat, rien n'aura été épargné aux citoyens français durant ces tristes dernières semaines.
Et même si la région Centre aura finalement été relativement à l'écart de cette triste campagne, seul le long passé
au sein de l'extrême-droite de la tête de liste de l'UMP Hervé Novelli ayant été évoqué, on pourrait presque croire qu'il n'était de l'intérêt ni du PS, ni de l'UMP de mener une
campagne de fond. Peut-être était-il plus intéressant pour l'UMP d'essayer de ne pas trop évoquer la politique nationale et pour le PS, de tenter de cacher un bilan désastreux dans les régions
qu'il contrôle.
"Désastreux" est en effet le mot approprié pour évoquer la politique régionale menée ces six dernières années. Comme je le signalais ici, dès 2007 : "L'importance des hausses d'impôts : La
taxe sur la carte grise a augmenté de 48% en région Centre depuis 2004 ! Celle sur le foncier bâti a subi une augmentation de 16% depuis 2004. Même augmentation de 16% de la taxe sur
le foncier non-bâti toujours depuis 2004. Enfin, la taxe professionnelle a augmenté de 24% sur la même période. [...] Ces hausses d'impôts n'ont pas servi à réduire
la dette, qui est passée de 103,15 euros par habitant en 2003 à 157,75 euros par habitant en 2007, soit une augmentation de 53% ! Ces
hausses d'impôts n'ont pas non plus été utiles aux investissements de la Région : de 87,96 euros par habitant en 2003, le montant des investissements est passé à 35,96 euros par
habitant en 2007, soit une baisse de 60% ! [...] Alors où est passé cet argent ? Tout simplement dans les dépenses de
fonctionnement de la Région qui ont explosé : de 135,64 euros par habitant en 2003, elles sont passées à 212,16 euros par habitant en 2007, soit une augmentation de 56%
! Il fallait bien entre autre, financer les dépenses de personnel, puisque les effectifs de la région Centre ont augmenté de 45% en deux ans, passant de 443 personnes en 2004 à 645 en
2006."
Pour compléter ce rapport qui date de trois ans maintenant, et dans lequel on constate qu'on est loin de l'engagement de
François Bonneau du 26 février 2004, quand il évoquait "la stabilité fiscale", on peut par exemple ajouter que les frais de communication ont augmenté de 87% entre 2004 et
2009 ou que les effectifs ont atteint 770 personnes en 2009, soit une hausse de 74% en seulement cinq ans ! Sans parler des promesses non-tenues, notamment en faveur des
lycéens ou des étudiants de la région.
Dès-lors, avec un tel bilan, comment songer à voter pour une liste PS qui, en plus dans
l'Indre s'est constituée dans la douleur, puisque au mépris de toute démocratie interne, un candidat du sud du département, conseiller régional sortant a tout simplement été éjecté pour laisser
la place à un parachuté parisien parrainé par Michel Sapin. L'ambiance ne peut donc qu'être lourde au sein de la fédération socialiste du département. Et les négociations entre les deux tours
d'une gauche divisée, avec les candidats du Front de Gauche et ceux d'Europe-Ecologie promettent d'être difficiles, surtout si ces derniers font un bon résultat au
premier tour.
L'UMP quant à elle, a fait le choix de présenter 19 membres du gouvernement en France. Ainsi, malgré les efforts des candidats de ce parti pour évoquer les
problèmes régionaux, c'est la politique gouvernementale qui reste au coeur des échanges et des préoccupations, occultant ainsi le triste bilan des présidents socialistes sortants.
Dans le Centre, la droite sarkozyste a placé un secrétaire d'Etat comme tête de liste dans le Centre : Hervé Novelli. La campagne du
candidat Hervé Novelli n'a pas été particulièrement enthousiasmante. Et même si Hervé Novelli est, il me semble, le seul à avoir expliqué dans sa profession de foi la nécéssité
d'obtenir dans notre région (Orléans, Bourges, Châteauroux notamment) une ligne TGV, ce qui doit constituer une priorité pour l'avenir de notre territoire ; et même si
sur la liste UMP du département de l'Indre, j'ai de l'estime pour tous les candidats dont je connais la plupart, et même de l'amitié pour certains, il me sera difficile de voter en faveur d'un
homme qui, sans même revenir sur un long passé que je réprouve et qui ne saurait être considéré comme une simple erreur de jeunesse, est le représentant d'une politique menée au niveau
national, voulue par le Chef de l'Etat, que je n'approuve pas.
De plus, le rassemblement gaulliste et républicain, Debout La
République a fait le choix de ne pas donner de consigne de vote pour ces élections, dans les régions où il n'est pas présent. Par conséquent, il est fort probable,
comme vraissemblablement des milliers, voire des millions de Français, que je vote blanc dimanche prochain. Ma décision n'est, ce soir, pas encore définitivement prise et ce sera donc
dans le secret de l'isoloir que je ferai un choix pour l'avenir de ma région. Mais vraiment, quel triste choix !
Nadine Morano, secrétaire d'Etat
à la famille est un personnage que je n'ai jamais particulièrement apprécié. Son côté Frédéric Lefebvre sans doute. Et peut-être aussi les conditions de sa nommination au gouvernement
en mars 2008, suite à une brillante défaite aux élections municipales de Toul où arrivée 3ème au premier tour, elle a maintenu sa liste au second tour et est arrivée une nouvelle fois 3ème,
faisant ainsi perdre la droite. C'est sans doute cela que le Chef de l'Etat appelle une nomination "au mérite".
Le week-end dernier, elle a eu ce que j'appelle une attitude profondément détestable. Samedi après-midi, en campagne électorale en
Lorraine, elle s'est rendue à la braderie annuelle de Neuves-Maisons, en compagnie de la tête de liste UMP pour les élections régionales Laurent Hénart. Entrant dans un café, elle
découvre que plusieurs personnes fument à l'intérieur de l'établissement. Nadine Morano rappelle alors au patron que depuis l'entrée en vigueur de la loi anti-tabac le 1er janvier 2008,
il est interdit de fumer dans les cafés.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais Nadine Morano ne l'a pas entendu ainsi et a traversé la rue pour se rendre à la gendarmerie
où elle a signalé la situation aux gendarmes. Ces derniers ont donc fait leur travail en se rendant au café indiqué par la secrétaire d'Etat et en convoquant le gérant qui
encourt une amende de 135 euros.
Alors bien-sûr, la loi est la loi, elle est la même pour tous et il convient de la respecter. Mais Nadine Morano, n'avait nullement
besoin d'aller jusqu'à la dénonciation dans cette affaire. Le rappel de la loi, qu'elle connaît manifestement très bien, aurait été suffisant. Mais pas pour celle qui est déjà
surnommée par certains journalistes, "la rapporteuse du gouvernement". Personne ne sait en revanche ce qu'elle pense du secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand,
dont le véhicule a été contrôlé par les gendarmes de Loire-Atlantique, jeudi dernier, à 140 km/h sur une route nationale limitée à 90 km/h et qui étrangement, n'a pas été
verbalisé...
Commentaires