C'était il y a moins d'un an, le 20 avril 2009, à Paris, le Président de la République Nicolas Sarkozy, expliquait qu'il fallait "rendre constructible les zones inondables" et qu'en matière d'urbanisme, "le problème, c'est la réglementation" !
A la lumière des tristes événements du week-end dernier qui ont
notamment frappé la Vendée et la Charente-Maritime, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno rappelait le 1er mars : "Il y a des zones où on ne peut absolument pas
construire".
Voilà une position qui me semble beaucoup plus sage. En effet, il doit être indiscutable que la sécurité des personnes doit prévaloir
sur les opérations financières de certains promoteurs immobiliers.
Les élections régionales se dérouleront les 14 et 21 mars prochains et depuis quelques jours, les instituts
de sondages suivent de près la Région Centre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il paraît que le Centre serait une région qui pourrait basculer.
A la lecture des quelques chiffres qui suivent, mais qu'il faut manier avec beaucoup de précaution, et à dix jours du 1er tour, il semble que
ce ne soit pas le cas.
|
1er Tour |
Sondage IFOP 25 - 28 janvier 2010 |
Sondage CSA 24 - 25 février 2010 |
Sondage IFOP 25 - 27 février 2010 |
|
Liste F. Megdoud (LO) |
2% |
4% |
2,5% |
|
Liste M. Lasserre (NPA) |
4% |
3% |
3% |
|
Liste M-F. Beaufils (Front de Gauche) |
5% |
6% |
7% |
|
Liste F. Bonneau (PS) |
22% |
24% |
24% |
|
Liste J. Delavergne (Europe-Ecologie) |
11% |
15% |
15% |
|
Liste M. Fesneau (MoDem) |
8% |
5% |
6% |
|
Liste H. Novelli (UMP) |
34% |
30% |
31% |
|
Liste P. Loiseau (FN) |
9% |
11% |
8% |
|
Liste J. Verdon (PDF) |
2% |
2% |
3,5% |
|
2ème Tour |
Sondage CSA 24 - 25 février 2010 |
Sondage IFOP 25 - 27 février 2010 |
|
Liste F. Bonneau (PS) |
59% - 50% |
54% - 48% |
|
Liste H. Novelli (UMP) |
41% - 39% |
46% - 42% |
|
Liste P. Loiseau (FN) |
11% |
10% |
Marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-Mer, a été l'auteur d'un incroyable dérapage. Egalement candidate UMP aux
élections régionales dans sa région, la Guadeloupe, Marie-Luce Penchard a exprimé des propos scandaleux pour une ministre de la République, lors d'un meeting aux Abymes, dimanche dernier
:
"Il y a des enjeux considérables, financiers, nous en sommes à une enveloppe de près de 500 millions d'euros pour l'Outre-Mer et
cela me ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de la Réunion, au bénéfice de la Martinique et demain dire Enfants de la Guadeloupe,
je ne suis pas capable d'apporter quelques chose à mon pays !" Avant de poursuivre : "Même si je vis en métropole, mon coeur est ici et restera ici ! Et je n'ai
envie de servir qu'une population, c'est la population guadeloupéenne !"
Des propos inadmissibles de la bouche de celle qui
a la charge de l'ensemble de l'Outre-Mer et non seulement de sa région d'origine, la Guadeloupe et qui devrait donc servir non seulement les Guadeloupéens, mais également les Guyanais, les
Martiniquais et les Réunionnais. Comme l'écrit Bénédicte Charles sur le site de l'hébdomadaire Marianne : "Imaginez un ministre de l'Agriculture poitevin en campagne pour les
régionales expliquer lors d'un meeting que pour lui, il n'y a que le Poitou qui compte, que le reste de la France, il s'en fout, et qu'il fera tout son possible pour que les subventions de l'Etat
à l'agriculture bénéficient au Poitou, à l'exclusion des autres régions. Impensable ? C'est pourtant à peu près ce qu'à fait Marie-Luce Penchard."
Alors qu'aujourd'hui, le parti socialiste demande la démission de Marie-Luce Penchard, c'est bien la moindre des choses. Comment les
habitants de la Martinique, de la Guyane ou de la Réunion peuvent-ils encore croire que leurs régions seront équitablement traitées par leur ministre ? Quelle confiance peuvent-ils encore lui
accorder ?
Et je suis heureux de voir qu'à droite, certains ont le courage de condamner ces propos. Ainsi, la députée UMP Marie-Anne Montchamp
rappelle qu'il faut "penser la République une, indivisible sur tous les territoires de la République". Patrick Balkany, pour qui je n'ai pourtant pas la plus grande estime, a expliqué
"qu'on devrait la sanctionner. Je pense qu'elle devrait être virée du gouvernement". Et d'ajouter : "On ne peut pas dire des choses pareilles, même dans un meeting en Guadeloupe.
Quand on est ministre de l'Outre-Mer, on s'occupe des Français de l'Outre-Mer. On ne s'occupe pas uniquement de ceux de son département".
Malheureusement, d'autres n'adoptent pas la même attitude. Que le Premier Ministre François Fillon cherche à minimiser les propos de sa
ministre en parlant de "polémique dérisoire", on peut le comprendre, même si cela n'a rien de "dérisoire", dès lors qu'il s'agit de l'esprit de notre République. Mais que Xavier
Bertrand, secrétaire général de l'UMP explique qu'il "connait bien Marie-Luce Penchard" et que "L'esprit républicain, elle l'a bien à l'esprit et dans son action politique",
après les propos de la ministre, c'est risible.
Dès-lors, ou bien Marie-Luce Penchard, désormais totalement discréditée par ses propos, reste ministre en charge de l'Outre-Mer au sein du
gouvernement sur lequel pèsera immanquablement, le soupçon d'iniquité vis-à-vis de l'ensemble des territoires d'Outre-Mer. Ou bien le Président de la République tire les conclusions des
déclarations de sa ministre et la renvoie en Guadeloupe. Cette seconde hypothèse est à mon avis la plus sage.
En janvier dernier, l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP) a lancé son réseau social : Les Créateurs
de Possibles. Après un peu plus d'un mois de fonctionnement, ce site compte environ 7500 inscrits. C'est donc un échec. C'est également un revers sur le plan financier, quand on sait
que la refonte du site de l'UMP et la mise en place de ce réseau social ont coûté un demi-million d'euros !
Cette situation a donc irrité quelque peu le Secrétaire Général de l'UMP, Xavier Bertrand. Et cette irritation a été admirablement
relayée auprès des responsables départementaux des Jeunes de l'UMP, par le Président des Jeunes Populaires, Benjamin Lancar. Voici un extrait du message que ce dernier leur a
adressé :
"Le Secrétaire Général a demandé à ce que tous les rdj [Responsables Départementaux des Jeunes] soient inscrits sur les
créateurs de possibles. Ceux qui ne le seront pas d'ici mardi seront démis de leurs fonctions. Le message est donc clair, il nous faut grandement
nous mobiliser !!!!!!"
Il y a quelques mois, je me demandais quel avait été le besoin pour l'UMP de signer un "mémorandum d'entente" avec le Parti communiste chinois. Peut-être en ai-je
aujourd'hui un début de réponse avec désormais la menace et la contrainte comme méthodes de travail au sein de l'UMP.
Et ce n'est pas aujourd'hui, le même Benjamin Lancar, qui pourra faire croire que ce message n'était "qu'une blague". Même
l'affligeant Frédéric Lefebvre a
cette fois, évoqué un "excès de zèle", de la part du patron des Jeunes UMP.
Après l'incroyable
LipDub, le départ de plusieurs milliers de jeunes adhérents UMP (Benjamin Lancar parlait lui-même de "5000" Jeunes Populaires en moins en décembre dernier) et
maintenant ce message, on ne peut pas dire, à quelques mois de la fin de son mandat, que le bilan du Président des Jeunes Populaires soit très brillant. C'est sans doute
pour cela qu'il est candidat en position éligible aux prochaines élections régionales en Ile-de-France, derrière Valérie Pécresse... Une raison supplémentaire pour les Franciliens
de voter pour la liste Debout La République conduite par Nicolas Dupont-Aignan !
Il faut quand même reconnaître qu'il est assez exceptionnel... dans la
bêtise. "il", c'est le porte-flingue de l'UMP, Frédéric Lefebvre. Mardi dernier, afin d'expliquer la "petite" baisse du nombre d'adhérents à l'Union pour un
Mouvement Populaire (UMP) - 22000 adhérents en moins en une année, Frédéric Lefebvre a avancé l'explication suivante :
"Dans ces 22000, c'est euh... il y en a beaucoup, c'est malheureux mais c'est comme ça qui n'ont pas renouvelé pour des
raisons qui tiennent euh... à la vie, c'est à dire qu'il y a des gens qui sont décédés..." ! H1N1 aurait donc particulièrement frappé les membres du parti présidentiel ? Ou
l'UMP nuirait-elle à la santé de ses membres ? Affligeant.
La part des décès, dans ces 22000 adhérents de l'UMP, serait donc très
importante. Comme le souligne un journaliste de Marianne, à croire que l'UMP est "un parti de vieillards" ! 22000 est un chiffre d'ailleurs discutable, dans la mesure où
par exemple, dans son édition du 12 janvier, Le Parisien évoquait "24000 adhérents de moins" à l'UMP, ce qui semble plus logique puisque au 31 décembre 2009,
il y avait 253645 adhérents à l'UMP contre 277171, l'année précédente.
Mais il faut aller plus loin. Comme l'UMP affirme qu'en 2009, il y a eu plus de 40000 nouveaux adhérents, c'est en fait près de 64000
adhérents de l'UMP, qui en 2009 ont refusé de renouveler leurs cartes, ce qui représente tout de même 23% des adhérents 2008 ! Je me pose donc la question : Frédéric Lefebvre ira-t-il
jusqu'à expliquer que près d'un membre de l'UMP 2008 sur quatre est décédé en 2009 ?
Et comme rien n'arrête ce triste personnage, il a également confirmé l'objectif fixé par le secrétaire général du mouvement, Xavier
Bertrand, en janvier 2009, "de porter à 500000 le nombre des adhérents en 2012." Combien sont-ils encore à considérer cet objectif comme réalisable ? La vérité, c'est que
beaucoup ont tout simplement partagé la démarche qui a été la mienne il y a
quelques mois. Exprimer de telles stupidités, nier ainsi la réalité, c'est faire de la déplorable politique. Et dans ce domaine, Frédéric Lefebvre excelle.
J'ai déjà eu l'occasion de dire tout le bien que je pense de ce personnage, dans un article du 5 mars dernier. Président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche est bien sûr candidat à sa
succession, lors des prochaines échéances électorales de mars prochain. Candidat, sans l'investiture officielle du parti socialiste dont il a été exclu en 2007, en raison de
ces nombreux dérapages verbaux. Mais Georges Frêche va pouvoir bénéficier de la bienveillance de son ancien parti. Le PS s'est en effet contenté de prendre acte du vote des adhérents du
Languedoc-Roussillon qui n'ont pas envisagé d'élaborer un projet et de construire une liste socialiste d'opposition à Georges Frêche.
Les alliés traditionnels du PS, les Verts et le Front de Gauche ont décidé de refuser de collaborer avec Georges Frêche. Mais cela
ne pose semble-t-il aucun problème au sein du PS. Une nouvelle fois, c'est profondément décevant. Les socialistes n'ont encore rien compris dans cette affaire.
Et pourtant, ils ont de la matière pour juger de la nécessité ou non d'apporter un soutien à peine voilé à ce monsieur. Après avoir
traité des harkis de "sous-hommes" et s'être étonné de la proportion de "blacks" au sein de l'équipe de France de football, l'actuel Président de la région Languedoc-Roussillon,
a semble-t-il effectué un nouveau dérapage verbal en septembre dernier. Lors d'une cérémonie dans les Pyrénées-orientales, Georges Frêche aurait déclaré : "Les Allemands
ont fait deux millions de prisonniers partis en villégiature, s'occuper des gretchen, pendant que leurs maris étaient en peine sur le front russe" !!! Déclaration qui lui vaut
aujourd'hui, la plainte du fils d'un prisonnier de guerre. Quel mépris pour ceux qui ont dû quitter la France et se retrouver au coeur de l'Allemagne nazie. Mais avec ce sinistre
personnage, on commencerait presque à être habitué.
Enfin, si le PS n'est pas capable de tirer les conséquences des dérapages de cet individu, j'espère que les électeurs sauront en mars
prochain porter à la présidence de la région Languedoc-Roussillon, un homme plus ouvert, plus humain et plus respectueux. Respectueux en premier lieu de ces électeurs : "une majorité de
cons" pour Monsieur Frêche ! Souvenez-vous :
"Le pire risque, c'est celui de ne pas en prendre". Tels sont les premiers mots du nouveau clip
officiel de l'UMP, plus particulièrement celui des Jeunes Populaires, présenté comme "la vitrine du Mouvement pour l'année 2010"... C'est vrai qu'avec ça, ils osent tout, même le
pire.
Le billet du jour de mon ami le
Faucon résume assez bien les choses. Loin de moi l'envie d'accabler ceux qui croient encore dans cette manière de faire de la politique, mais l'UMP sarkozyste, on voit où ça mène : des
ministres qui dansent, qui se balancent, qui chantent, comme si les Français chantaient et dansaient aussi, en pleine crise économique, avec un taux de chômage qui augmente, des déficits qui
se creusent...
Comme l'écrit Nicolas Dupont-Aignan, Président de Debout La République dans un billet intitulé "Ridicule et inconscience" : "On dit souvent que le ridicule ne
tue pas en politique. Peut-être, mais quand il gère les affaires de la France en pleine crise économique, un gouvernement devrait s'abstenir de participer à une clownerie du plus mauvais aloi. Il
faut vraiment voir le clip des jeunes de l'UMP pour le croire ! Comment Christine Lagarde, Xavier Darcos, Valérie Pécresse, Eric Woerth, etc., ont-ils pu participer à cet exercice d'abaissement
de la politique et de l'Etat ?".
Voilà une véritable question. Comment peut-on, dès-lors que l'on est en charge des affaires de la France, dans un contexte particulièrement
difficile, en arriver à un tel degré de médiocrité face aux Français ? Je suis sûr qu'ils sont nombreux, parmi les militants de l'UMP, à trouver ce clip ridicule.
D'ailleurs, si l'ancien ministre Luc Ferry trouve ce clip "dégoulinant de bêtise", le
conseiller politique de l'UMP, ancien ministre, Yves Jégo, dans un éclair de lucidité, estime que "c'est complètement décalé avec ce qu'attendent nos concitoyens dans cette période de
crise" et même Xavier Darcos, ministre du Travail et des Relations sociales s'est dit "consterné". Mieux vaut tard que jamais. Ce clip, le voici :
LipDub Jeunes UMP 2010 -
Officiel
envoyé par
Jeunes-Populaires
Ils sont loin le sérieux, le sens des responsabilités, le respect de la fonction, qui ont pu être incarné par les responsables politiques du Rassemblement Pour la République (RPR) avant 2002. Aujourd'hui, l'UMP sarkozyste poursuit sa route sur un chemin dangereux, dans lequel je ne me reconnais vraiment plus. Et je suis sûr que les prochaines échéances régionales ne pourront que le confirmer.
Mon ami FalconHill m'a proposé, il y a quelques jours déjà, dans le cadre d'une chaîne, de citer mes trois premiers billets politiques écrits sur ce blog.
Ce blog étant
notamment "un espace de dialogue sur la politique locale et nationale", il n'aura fallu attendre que douze jours pour voir apparaître le 25 octobre 2006, ce premier article politique,
intitulé : "Parti Socialiste : les "jurys citoyens" au coeur du deuxième débat télévisé". En pleine campagne
interne du PS pour désigner son candidat à l'élection présidentielle, la candidate Ségolène Royal avait eu une idée fumeuse (une de plus !) : évaluer l'action des élus par des citoyens
tirés au sort, remettant ainsi en cause le fonctionnement de notre démocratie.
Le deuxième billet politique de ce blog a été rédigé deux jours plus tard, le 27 octobre 2006 : "Parti Socialiste : les débats consacrent la division". Je soulignais dans cet article le manque d'unité du PS annonçant
même qu'à gauche, "la machine à perdre [était] en marche". Je ne m'étais pas trompé et chacun peut constater que les divisions au sein du PS n'ont fait que s'accentuer
depuis cette date.
Enfin, le 10 novembre 2006, j'écrivais mon troisième billet politique, consacré une fois n'est pas coutume à Ségolène Royal et
intitulé : "Ségolène Royal prépare la Révolution dans l'Education Nationale". Cette dernière montrait par
ses propos, une grande méconnaissance du travail effectué par les enseignants et lançait une charge assez injustifiée contre ceux qui s'investissent dans ce
beau métier. Du n'importe quoi... du Ségolène Royal tout simplement.
Et le plus inquiétant c'est que celle qui a été élue, battue lors de l'élection du
Premier Secrétaire du PS, il y a un an, ne change pas. Encore ce week-end, personne ne souhaitait sa venue à Dijon pour ce moment de réflexion à gauche ; elle n'était pas invitée, mais peu
importe le ridicule, elle s'est rendue dans la préfecture de la Côte-d'Or. A-t-elle essayé de "fraterniser" avec son "ami" Vincent Peillon ? Personne ne le sait. Mais ce qui est
sûr aujourd'hui, c'est que son ancien lieutenant, estime que Ségolène Royal "ne pourra pas faire gagner la gauche en 2012". Dans le courant ségoléniste, certains
commenceraient donc à ouvrir les yeux ? Avec un peu de "bravitude", d'autres suivront. Mais, mieux vaut tard que jamais.
Comme il s'agit d'une chaîne, je laisse Olivier, vers qui mes pensées se tournent souvent actuellement, et tous ceux qui le souhaitent prendre la suite.
Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, vient de saluer comme "une grande nouvelle pour tous les Européens et pour la France en particulier", la
signature par le Chef de l'Etat Tchèque, Vaclav Klaus, du Traité de Lisbonne. Voilà une "grande nouvelle", mais obtenue à quel prix ? Celui de la démocratie qui a été violée en
France, aux Pays-Bas et en Irlande ! Le Chef de l'Etat ne se rend même pas compte que jamais l'Union Européenne ne pourra "peser pleinement dans le monde du XXIème siècle" comme il
le souhaite, puisqu'en construisant cette Europe sur le mépris de la volonté des peuples, jamais cette Union Européenne ne survivra durablement.
Après Alain
Juppé, après Edouard Balladur qui a déclaré la semaine dernière "qu'il faut savoir qui doit dépenser quoi avant de savoir comment on le finance", c'est un autre ancien
Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin qui, avec 23 sénateurs, se dresse et explique qu'il n'a pas l'intention de voter la réforme sur la suppression de la taxe professionnelle. Comme le
souligne Jean-Pierre Raffarin, au nom de ces élus, cette proposition du gouvernement n'est "ni claire, ni juste, ni conforme à nos convictions d'élus enracinés". Le
courage dont fait preuve l'ancien Chef du gouvernement fait d'ailleurs plaisir à voir.
Juppé, Balladur, Raffarin, on peut avoir de l'estime pour ces personnes, ou ne pas les apprécier, mais on ne peut pas dire que ce
sont des imbéciles. Le Chef de l'Etat a d'ailleurs été ministre dans les gouvernements de deux d'entre eux. Nicolas Sarkozy aurait alors pu être tenté de repousser cette
réforme, suivant ainsi les judicieux conseils de ces différents hommes d'Etat, ou tout au moins, d'engager une réflexion plus profonde concernant cette suppression de la TP. Certainement pas. Ce serait mal connaître le Président qui
a eu une toute autre réaction, en expliquant hier, que la prise de position de Jean-Pierre Raffarin n'était "pas formidable", et en réaffirmant sa volonté d'aller jusqu'au bout,
sans attendre. Souhaitons donc beaucoup de courage et de ténacité à Jean-Pierre Raffarin et aux autres sénateurs dans ce difficile combat.
Cette volonté du Président qui ressemble davantage aujourd'hui, à une conduite aveugle sur le dossier européen et à de
l'acharnement fort peu constructif, sur cette réforme de la taxe professionnelle, ajoutée à l'affaire Jean Sarkozy notamment, se traduit déjà dans
l'opinion, par un important rejet. Ce n'est pas un hasard si on apprenait hier que Nicolas Sarkozy perdait six points dans le baromètre Ifop pour le magazine Paris Match, avec 39%
de bonnes opinions, soit son plus mauvais score dans ce baromètre depuis son arrivée à l'Elysée, et 60% d'opinions défavorables.
Ce n'est pas un hasard si l'on apprend dans un journal pas forcément réputé pour être très hostile au gouvernement, le
Figaro, que l'UMP compte 228.740 adhérents aujourd'hui, soit plus de 40.000 adhérents en moins qu'en janvier dernier, date à laquelle Xavier Bertrand était nommé Secrétaire général, osant
affirmer : "nous atteindrons et dépasserons les 500.000 adhérents en 2012". L'UMP n'en prend pas le chemin, même si 2012 reste encore loin. Le quotidien indique d'ailleurs
qu'il s'agit là de chiffres officiels, mais que "certains, rue de la Boétie, assurent que le nombre de militants est en deçà des 200.000"... Je me sens moins seul dans
la décision qui a été la mienne, il y a plusieurs mois.
Alors le Chef de l'Etat et dans une moindre mesure, le gouvernement peuvent bien sûr, continuer à refuser de voir la réalité en face,
continuer à s'enfoncer sur un chemin dangereux, malgré les appels à la prudence, répétés par plusieurs hommes politiques issus des rangs même de l'UMP, et continuer à mépriser
l'opinion publique. Mais pour combien de temps encore, alors que nous ne sommes qu'à la fin de la première partie du mandat du Président de la République ? Du courage à l'obstination, la
frontière est mince, et il semble que Nicolas Sarkozy soit décidé à la franchir...
Hier, dans son édition de l'Indre-et-Loire, la Nouvelle République titrait : "Un patron de l'UMP anti-Sarko ?". Le journaliste faisait référence
à Philippe Briand, Député-Maire de Saint-Cyr-sur-Loire et Président de la Fédération UMP d'Indre-et-Loire.
Comme l'explique le journaliste Olivier Pouvreau, Philippe Briand "n'a pas digéré les affaires Mitterrand et Polanski", pas plus que
"l'affaire du fils". Accueillant Christine Boutin, mercredi dernier, le Président de la Fédération UMP de Touraine a expliqué avoir "proposé en Conseil Municipal, lundi, de
rebaptiser une rue de Saint-Cyr, "rue Jean Sarkozy", et une place "Place Papa-m'a-dit" !" Pas sûr que ces paroles ravissent le Chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy. Mais bravo à
Philippe Briand qui montre un vrai courage dans l'engagement qui est le sien.
Je note d'ailleurs, qu'après les déclarations du Maire de Bordeaux, Alain Juppé en début de mois, après celles du Député-Maire de Troyes, François Baroin et après la bourde volontaire ou non du Député
de Paris, Jean-François Lamour, vendredi dernier à l'Assemblée nationale, il semble que ces propos de Philippe Briand s'inscrivent dans un nouvel élan des chiraquiens de
l'UMP. Entreraient-ils en résistance ?
Plus simplement, ne serait-il pas intéressant que certains présidents de fédérations UMP s'inspirent de Philippe Briand ? Car être
membre d'un parti politique, en diriger une fédération, n'implique pas que l'on ferme les yeux sur l'indéfendable, que l'on essaye de justifier l'injustifiable ou que l'on tente de
convaincre les militants de ce qu'eux-même ne croient plus juste.
Cela prouve en tout cas, qu'il reste à l'UMP des hommes et des femmes politiques qui
voient la réalité en face et qui ont encore du cran et de la volonté. Pour discuter très souvent avec des militants UMP de l'Indre, je n'en doutais pas. Et comme me le signalait récemment une
amie, membre de l'UMP : "Tous les membres de l'UMP ne sont pas sarkozystes !". Heureusement !
Commentaires