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  • : Le Blog d'Arnaud Clément
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  • : 13/10/2006
  • : 35 ans. Enseignant. Maire-Adjoint de Châteauroux et Conseiller Communautaire de l'Agglomération Castelroussine. Conseiller Municipal de Châteauroux de 2003 à 2008. Gaulliste, membre du RPR de 1994 à 2002, de l'UMP de 2002 à 2008 et de DLR (Debout La République) depuis 2008.
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 23:05

   Quelques heures après le vote du peuple irlandais, lors du referendum du 13 juin dernier sur le Traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy estimait que le "non" irlandais était désormais une réalité politique : "Le peuple irlandais s'est prononcé, on doit l'accepter."

   Plus tard, le 10 juillet dernier, à Strasbourg, le Président de la République Française a présenté aux députés européens, les priorités de la Présidence française de l'Union Européenne. A cette occasion, le Chef de l'Etat avait expliqué qu'il espérait "proposer une solution" au "non" irlandais au Traité de Lisbonne, "soit en octobre, soit en décembre" 2008, ajoutant qu'il ne fallait pas "bousculer les Irlandais".

   Dans ces conditions, comme beaucoup de Français, je m'explique mal ses récentes déclarations. Aujourd'hui, devant les députés UMP réunis à l'Elysée, le Président Sarkozy a annoncé que "les Irlandais devront revoter", sur le Traité de Lisbonne. Ce qui implique l'organisation d'un nouveau referendum en Irlande, en fin d'année 2008 ou en 2009.

   En quelques jours, à peine un mois, le Président de la République est passé d'une attitude d'acceptation du vote irlandais, à son exact contraire, celle consistant à refuser la décision démocratique du peuple d'Irlande. Tout simplement incompréhensible. D'autant plus surprenant, qu'il y a à peine cinq jours, il était question de ne pas "bousculer les Irlandais" ! Heureusement pour eux...

   Faire "revoter" les Irlandais ! Voilà bien une attitude qui me semble se rapprocher de l'amateurisme. Il ne s'agit en aucun cas d'une réelle vision pour l'avenir de l'Europe. Si telle est la seule grande ambition au service des institutions de l'Europe, proposée par la Présidence française de l'Union Européenne, il est à craindre un grave échec dans les prochains mois.

   Le peuple d'Irlande a envoyé un message clair, expliquant ses craintes de manière forte, dans la mesure où ce "no" irlandais a été massif (près de 54%), avec une participation plutôt importante, en comparaison avec les autres referendums organisés en Irlande et notamment celui concernant la ratification du Traité de Nice. C'est donc agir dans la précipitation et avec beaucoup de légèreté, que de proposer une solution qui semble, dans ce cas précis, assez hasardeuse et pour le moins inadaptée, dans la mesure où rien ne permet d'envisager un vote différent des Irlandais, quelques semaines seulement, après un premier referendum au résultat vraiment sans ambiguïté.

   Comme je l'ai expliqué ici, ce "no" irlandais est était une chance pour l'Europe. Il aurait dû inciter les dirigeants européens à s'interroger sur le profond malaise qui existe entre les peuples européens et les institutions de l'Europe. Ce vote aurait dû permettre une prise de conscience, favorisant une réorientation de la construction européenne : l'Europe se doit d'être plus démocratique, véritablement indépendante et surtout, elle ne sera solide qu'en tenant compte des aspirations des peuples, en les respectant et en les protégeant. Aujourd'hui, ce bel espoir s'envole.

   En effet, à peine un mois après le referendum irlandais, plutôt que d'ouvrir ce vaste chantier d'avenir pour l'Europe, le Chef de l'Etat préfère s'orienter vers une réponse qui piétine la souveraineté populaire du peuple d'Irlande, refusant de tenir compte de la volonté exprimée par ce même peuple et démentant ainsi ses premières déclarations.

   Une seule question me vient alors à l'esprit : En cas de second deuxième referendum, que fera-t-on si les Irlandais refusent de se déjuger et confirment leurs votes ?

Par Arnaud Clément - Publié dans : Europe
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