Le Blog d'Arnaud Clément

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Quand l'Europe est tristement concrète : l'emballage non-réglementé

Publié par Arnaud Clément sur 19 Avril 2009, 10:37am

Catégories : #Pour une autre Europe

   Quand l'Europe devient concrète, elle s'affirme telle qu'elle est véritablement : contraignante et ne prenant pas en compte l'intérêt des peuples de l'Europe. Démonstration avec cette directive européenne de septembre 2007, passée presque inaperçue. Elle offre désormais une totale liberté aux industriels pour vendre leurs produits dans des quantités non réglementées, avec un conditionnement "qu'ils décident eux-mêmes". Où se trouve l'intérêt du citoyen-consommateur européen ??? La Commission de Bruxelles voudrait l'induire en erreur qu'elle ne s'y prendrait pas autrement.

   Voici un article détaillé, publié sur un blog que j'ai découvert récemment, DéChiffrages, du journaliste économique Jean-François Couvrat. Je vous invite à le lire dans son intégralité, car il permet de prendre conscience de la bêtise de cette décision prise par Bruxelles :

   Jusqu'à présent, le consommateur européen savait qu'il achetait son beurre en plaquette d'une demi-livre, son riz en paquets de 500 grammes et sa peinture en pots d'un kilo. Désormais, les fabricants peuvent présenter leurs produits, pré-emballés dans les quantités qu'ils décident eux-mêmes. Par exemple 480 grammes de riz, 85 centilitres de peinture. Et même, à partir d'octobre 2012, des plaquettes de beurre de 240 grammes, voire 230 : il faudra bien regarder (1).

   Cette déréglementation est imposée par une directive européenne datant de 2007, mais habilement préparée depuis 2001. Elle tourne le dos aux principes qui prévalaient en Europe en 1975, lorsqu'une précédente directive affirmait : "Il est nécessaire de réduire autant que possible le nombre des volumes de contenants qui sont trop proches les uns des autres pour le même produit et qui sont par conséquent susceptibles d'induire le consommateur en erreur."

   Chercherait-on aujourd'hui à favoriser l'industriel que l'on contrecarrait jadis, assez sournois pour tenter de vendre 480 grammes au prix habituel de la livre ? N'étaient les faux sondages et les vrais mensonges qui émaillent l'histoire de cette directive, on ne se poserait pas la question.

   Officiellement, cette réforme est mise en oeuvre dans l'intérêt bien compris du consommateur. C'est pour son bien qu'elle le prive de ses repères, pour ainsi dire à sa demande. Il s'agit de "répondre à ses goûts" avant même qu'il les formule ; de "mieux l'informer", de "stimuler la concurrence", de "favoriser la transparence"...

   La Commission, dont l'imperméabilité aux lobbies fait la réputation, a préparé son projet de directive, écrit-elle, en s'appuyant sur "une analyse d'impact, incluant une large consultation de toutes les parties prenantes." Du sérieux.

   Dans son projet, à la page 8, elle commence par invoquer un sondage Eurobaromètres réalisé en 2001, dans lequel les consommateurs européens réclameraient des tailles d'emballages plus diversifiées. On notera surtout qu'à 78,9% (dont 86,6% en France), ils réclament au contraire "des paquets, conserves et bouteilles mieux standardisés." 

   La Commission se réfère également à une consultation publique par Internet qu'elle organisa fin 2002. Une consultation "en onze langues", s'il vous plait, ce qui fait beaucoup pour le nombre de réponses obtenues : 571, dont 535 provenant de consommateurs. Ce faible score et sa répartition géographique - 18% en Finlande, 10% au Royaume-Uni (la France n'est pas classée)... - auraient poussé ces résultats vers la poubelle dans n'importe quel institut de sondage normalement constitué.

   Pas à Bruxelles, où la conclusion s'est imposée, c'est le cas de le dire, d'elle-même : "Il n'existe en général aucun besoin public de réglementation de formats obligatoires." D'ailleurs, la Commission a interrogé des organisations de consommateurs dans 25 Etats membres de l'Union. Huit ont répondu. Toutes sauf une ont approuvé la déréglementation, dont deux en France : la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques (CNAFC) et l'Association nationale des Consommateurs et usagers (CLCV).

   Un institut royal britannique, représentant deux millions de malvoyants, s'est montré favorable aux formats d'emballages réglementés. Mais la Commission, qui a approché les diabétiques "sur une base individuelle", invoque leur désir d'emballages adaptés à leurs besoins, et donc multiples - ça ne s'invente pas.

   Il est vrai qu'une autre directive impose en Europe le double affichage des prix de détail : une étiquette pour le prix du produit, une autre pour son prix à l'unité, au kilo ou au litre. Ainsi, quelle que soit la taille de l'emballage, la transparence des prix est en principe assurée. En principe, car en réalité, le prix unitaire est affiché en si petite taille que les malvoyants ne sont pas les seuls à le manquer. [...]

   Or il faut bien constater qu'à se propos, la directive est timide, voire vicieuse. C'est son 12ème considérant : "Afin d'améliorer la protection des consommateurs, en particulier celle des consommateurs vulnérables, tels que les personnes handicapées ou âgées, il convient de veiller particulièrement à ce que les indications de poids et de mesures sur l'étiquetage des produits de consommation soient plus faciles à lire et plus visibles sur les préemballages dans des conditions habituelles de présentation."

   Plus facile, plus visible que quoi ? Et parle-t-on de l'étiquette posée par le détaillant devant le produit ou des mentions imprimées sur l'emballage ? Il eut été facile d'écrire : "Le prix unitaire sera indiqué en caractères de même taille que le prix du produit." Mais visiblement, la transparence n'est pas le but recherché.

   (1) Les emballages de lait, de beurre, de pâtes alimentaires sèches et de café restent réglementés jusqu'au 11 octobre 2012 ; ceux du sucre blanc, jusqu'au 11 octobre 2013.

   Et si cet exemple était le seul... Malheureusement, l'Europe concrète est trop souvent au final une Europe défavorable aux citoyens. A eux d'exprimer clairement le 7 juin prochain, lors des élections européennes, l'urgence d'une autre Europe, cette autre Europe qu'incarnent les candidats de Debout La République avec Nicolas Dupont-Aignan

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hugues 19/04/2009 18:21

Cette histoire d'emballages avec des poids non réglementés, c'est une mesure très défavorable au consommateur, c'est une prochaine hausse des prix déguisée! Et bien voilà une mesure qui va rendre l'Europe encore plus populaire....franchement si c'est ça l'Europe, ça vaut pas le coup!
J'en ai assez qu'on prenne les citoyens pour des cons....ommateurs(évitons les gros mots mais cette affaire m'agace!).

Arnaud Clément 19/04/2009 22:09


Entièrement d'accord avec vous Hugues.


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