La réforme du statut de La Poste présentée en Conseil des ministres en juillet dernier, sera prochainement débattue au Parlement. Cette réforme prévoit que
l'établissement public devienne une société anonyme.
Pour éclairer le débat, voici un article très intéressant de Jack Dion, intitulé "La Poste ou le bal des
hypocrites", publié dans Marianne cette semaine, qui résume bien les attitudes politiques prises dans le cadre de cette réforme : "Le débat sur l'avenir
de La Poste tourne au bal des hypocrites. La palme en la matière revient au gouvernement. Pas de risques de privatisation, assurent en choeur les ministres, nous voulons seulement
changer le statut du service public, afin de l'aider à se développer. Mais si tel est le cas, pourquoi transformer La Poste en société anonyme ? Contrairement à ce que l'on écrit ici ou là,
aucune directive européenne n'oblige à une telle décision. A la vérité, le gouvernement procède avec La Poste, comme avec GDF hier et France Telecom avant-hier : commencer par changer
de statut puis ouvrir le capital et enfin privatiser. Les salariés et les usagers, qui attendent avec raison un service public en bon état de marche, ont donc quelques (bonnes) raisons de se
méfier.
En protestant, les ténors de la gauche ne sont pas forcément plus crédibles. Le gouvernement Jospin avait accepté la
directive européenne sur l'ouverture du marché postal, en 1997, sans s'interroger sur la pertinence d'un tel choix. Toujours en 1997, un ministre de l'Economie nommé Dominique Strauss-Kahn avait
ouvert le capital de France Telecom. Le PS peut donc difficilement reprocher à la droite d'emprunter la même voie qu'elle.
Reste que nul ne peut se satisfaire d'une Poste qui part en lambeaux, quoi qu'en dise Olivier Besancenot, transformé par les médias en porte-parole des syndicalistes. Pour sortir de cet
imbroglio, le mieux est de donner la parole aux Français via un referendum. Ainsi pourra-t-on éviter les faux-semblants, les postures faciles et les envolées démagogiques."
Ni le gouvernement, ni "les ténors de la gauche" ne seraient les mieux à même de défendre des propositions crédibles pour l'avenir du
service public. Comme l'auteur de cet article, les gaullistes souhaitent donner la parole au peuple, à travers un referendum pour que les Français puissent se prononcer clairement sur l'avenir de
La Poste. Cette position me paraît être la plus sérieuse et la plus légitime.
Car, pouvons-nous croire que cette réforme n'entraînera pas à terme, une ouverture de capital, voire une privatisation de La Poste ? Qui
peut garantir que le prix du timbre n'augmentera pas dans des proportions importantes et restera toujours unique ? Qui peut affirmer que le facteur continuera à parcourir les campagnes
françaises, six jours sur sept, attendu souvent par les personnes âgées, étant leur seule visite quotidienne ? Quand on voit comment cela se passe pour les
usagers devenus des clients et pour les salariés, à France Telecom par exemple, il y a
des raisons d'être inquiet.
La Poste est plus qu'un service public, elle est un élément de l'aménagement du territoire. La fermeture des bureaux de poste en milieu rural
est déjà difficilement vécue par les petites communes. Transformer La Poste en société anonyme revient à ouvrir la boîte de pandore et à engager ce service public, sur un chemin
dangereux pour les usagers.
C'est pourquoi, je suis contre cette réforme et même si je reconnais que des améliorations doivent être apportées à ce service
public (il est anormal de devoir patienter près de trente minutes pour expédier un colis !), La Poste doit pouvoir poursuivre ses missions au service des Français et il est inutile d'en
changer le statut.
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